Le Front institutionnel militaire (FIM) a haussé le ton concernant l'installation de la table de dialogue entre les représentants de l'Assemblée nationale de 2015 et le régime vénézuélien. Dans un communiqué, l'organisation a précisé qu'elle ne reconnaît pas cet espace comme un organe ayant autorité pour négocier le destin politique du pays, sauf sur un point précis : ouvrir la voie, sans plus tarder, à un calendrier électoral pour 2026. Elle a qualifié la situation du pays de « chaotique », avertissant que la souveraineté populaire « n'admet pas de tutelle, d'intermédiaires ou de compromis dans le dos des citoyens ».
Le conseil d'administration du Front Institutionnel Militaire (FIM) est présidé par le général de brigade (EJ) Juan Antonio Herrera Betancourt, conjointement avec le vice-président du général de division (EJ) Rafael Ángel Montero Revette et le secrétaire de l'Organisation GB (GN) Rafael Vera Ruiz. Les représentants de chaque composante : GB (EJ) Juan Ferrer Barazarte, Armée ; le contre-amiral Elías Buchszer Cabriles, Marine ; GB (AV) Eduardo Arturo Caldera Gómez, Aviation ; et GB (GN) Simón Figuera Pérez, Garde nationale.

L'organisation, composée de 243 officiers à la retraite, affirme que la voie est claire et que les délais sont dépassés. « Le point central de la table est le calendrier électoral pour 2026 ; l'urgence dans la rue est la justice, la liberté et la survie du peuple souverain », a déclaré la FIM dans le message adressé aux militaires en activité, à l'opinion publique nationale et à la communauté internationale.
Le FIM a décrit le pays comme une nation piégée dans l’effondrement institutionnel, social et économique. Dans ce contexte, il a soutenu que la souveraineté populaire « n'admet pas de tutelle, d'intermédiaires ou de compromis dans le dos des citoyens », et a invoqué l'article 5 de la Constitution vénézuélienne pour souligner que le pouvoir réside de manière intransférable dans le peuple.

À partir de cette position, l'armée ignore « catégoriquement » toute forme d'usurpation, « d'intérim ou de manœuvre d'acteurs extérieurs ou factuels » qui tentent de décider pour les Vénézuéliens. L'organisation a également remis en question la table nouvellement installée, soulignant qu'elle manque de « validation directe du souverain » et, par conséquent, ne peut pas assumer des pouvoirs qui ne lui ont pas été conférés par le vote des citoyens.
Pour la FIM, la marge d’action de cette table est étroite et ne permet aucune ambiguïté : elle doit s’en tenir « strictement, univoquement et sans délai » à la préparation des conditions techniques, logistiques et politiques pour des élections définitives garantissant le suffrage universel en 2026. L’organisation a averti que toute tentative d’élargir l’agenda vers des pactes de gouvernabilité, la répartition des quotas ou la gestion de la crise serait une déviation du seul mandat acceptable : rendre la parole à l’électorat.

Les officiers qui signent la déclaration exigent la fin du siège des négociations entre dirigeants. La FIM a proposé d'élargir la composition de la table pour incorporer des voix indépendantes provenant de secteurs qui, à son avis, ont été marginalisés des décisions nationales : les académies, les forces de sécurité et de défense, le mouvement étudiant et les syndicats professionnels.
L'organisation a également exigé que la représentation de l'opposition liée à l'Assemblée de 2015 abandonne les formules ambiguës et fasse une déclaration « catégorique et immédiate » sur trois questions qu'elle considère comme non négociables. Pour la FIM, ces points ne peuvent être enfermés dans la logique d’une transaction politique ni être utilisés comme monnaie d’échange dans une négociation.
La première est l’exigence de libérer tous les prisonniers politiques, « qu’ils soient ou non soumis à une condamnation judiciaire entachée d’irrégularités ». Le second vise à garantir le droit de vote à tous les citoyens qui remplissent les conditions requises et à supprimer les interdictions qui ont été utilisées pour exclure les dirigeants de l'opposition de la compétition électorale.

Sur le troisième point, il a durci sa position concernant l'urgence humanitaire provoquée par les récents tremblements de terre. L'organisation a demandé que le contrôle, le financement et l'exécution de l'aide aux victimes soient laissés hors des mains du régime et soient assumés exclusivement par les organisations techniques de protection civile et les agences humanitaires internationales.
Selon le communiqué, seules des institutions indépendantes, dotées de pleines autorités et de ressources suffisantes, peuvent répondre à une population frappée par l'effondrement des services publics, la destruction des salaires et une crise des moyens de subsistance qui maintient plus de 60 % des Vénézuéliens dans une situation d'impuissance.
Dans ce scénario, la FIM prévient que la négociation ne peut pas devenir un écran de fumée : elle doit produire des garanties concrètes sinon elle sera réduite à un autre chapitre de paralysie politique nationale.