La servitude ferroviaire Panama-Frontière suscite l'intérêt des entreprises d'électricité et de télécommunications

Le projet ferroviaire qui reliera la capitale panaméenne à la frontière costaricienne a élargi sa portée pour devenir un corridor de développement économique, capable d'héberger des infrastructures électriques, de fibre optique, d'adduction d'eau et de télécommunications. L'initiative projette plus de 100 000 emplois entre la construction et les investissements associés.

Les représentants du Secrétariat national des chemins de fer ont expliqué que la bande réservée aura une largeur de 60 mètres le long du tracé. Dans le cadre de cette servitude, les chemins de fer coexisteraient avec d'autres services essentiels, une formule qui vise à réduire les coûts et à accélérer les nouveaux investissements dans différentes provinces.

Cette démarche a conduit l'institution à engager des discussions avec des entreprises intéressées à utiliser le corridor. Parmi eux se trouve la société de transport électrique ETESA, qui travaille à la planification de sa quatrième ligne de transport et pourrait trouver un tracé disponible à l'intérieur de l'emprise ferroviaire.

Le Secrétariat a également rencontré des représentants d'entreprises de télécommunications pour analyser l'éventuel enterrement des réseaux de fibre optique. Comme l'ont expliqué les porte-parole, une bonne partie de ces infrastructures à l'intérieur du pays restent installées sur des poteaux, une condition qui peut affecter la stabilité des communications en cas d'accidents ou de phénomènes météorologiques.

La bande de 60 mètres pourrait abriter des voies ferrées ainsi que des infrastructures électriques, des conduites d’eau et des réseaux de télécommunications. capture vidéo

La bande pourrait également recevoir des canalisations pour la conduction de l'eau, des tours de téléphonie cellulaire et d'autres composants technologiques. L'objectif est que les investissements ferroviaires facilitent l'installation des services de base, au lieu de se limiter au transfert de passagers et de marchandises, tout en améliorant la connectivité des communautés proches de l'itinéraire.

Les porte-parole soutiennent que cette disponibilité d'électricité, d'eau et de télécommunications favorisera l'arrivée d'entreprises, d'industries et de projets immobiliers. Les entreprises pourraient s'implanter à proximité des gares et réduire une partie de leurs coûts d'exploitation, ce qui permettrait la création de nouvelles activités productives en dehors de l'aire métropolitaine.

La stratégie envisage de développer des zones commerciales, résidentielles et de services autour des terminaux, selon le modèle connu sous le nom de développement axé sur les transports. Chaque gare pourrait ainsi devenir un nouveau centre d'activité économique, relié aux autres régions du pays par un système ferroviaire pour les passagers et les marchandises.

Les autorités anticipent également une revalorisation des terrains à proximité de l'itinéraire, en raison de l'arrivée des infrastructures et des transports. Cet effet dépendra cependant de la planification territoriale adoptée dans chaque zone, ainsi que des processus d'acquisition foncière, d'urbanisme et de protection des communautés résidentes.

Train01 : itinéraire du train Panama-David

Selon les estimations partagées par les représentants du Secrétariat, le total des travaux et investissements pourrait dépasser les 100.000 emplois. Ce chiffre combine la main-d'œuvre nécessaire à la construction du chemin de fer avec les opportunités générées par les services publics, les entreprises, les industries et les développements privés liés au corridor.

Le parcours complet compterait environ 475 kilomètres et 14 stations, de Ciudad de la Salud et Albrook à Paso Canoas. La première étape parcourrait plus de 200 kilomètres entre Panama et Divisa, avec des arrêts à Panamá Pacífico, La Chorrera, Chame-Coronado, Río Hato et la ville de Penonomé.

Cette phase comprend également un terminal multimodal à Capira, conçu comme un port sec, et un nouveau pont ferroviaire sur le canal de Panama. Le système serait intégré aux ports de l'Atlantique et du Pacifique, à la ligne 3 du métro et à l'actuel chemin de fer interocéanique.

Les étapes ultérieures prolongeraient la route de Divisa à Santiago, Soná, San Félix, David, Bugaba et Paso Canoas. En plus de faciliter les déplacements, le Gouvernement entend renforcer la plateforme logistique du pays et élargir les opportunités économiques dans les territoires qui restent éloignés de l'axe du canal.

Le système transportera des passagers et des marchandises, en plus d'être connecté aux ports, aux routes et à d'autres éléments de la plate-forme logistique nationale. Tiré d'Instagram

Actuellement, les études de demande, l'ingénierie conceptuelle, l'environnement, la finance, la géotechnique, l'hydrologie et la modélisation hydraulique se poursuivent, avec la participation d'entreprises internationales. Bien que le coût et la structure financière soient définis, le projet ferroviaire intègre une vision économique plus large, même si son impact final dépendra des décisions techniques et budgétaires à venir.