Les députés de Renovación Nacional (RN) ont exigé mardi la démission du ministre de la Justice, Jaime Gajardo, après que la gendarmerie chilienne a reconnu avoir libéré par erreur un prisonnier qui devait entrer en détention préventive dans une prison de Santiago, le 24 décembre seulement.
Le fonctionnaire responsable a été sanctionné et démis de ses fonctions, dans « un message clair selon lequel nous ne laisserons pas les erreurs administratives compromettre l'intégrité du système judiciaire », comme l'indique l'institution dans un communiqué.
« Le ministère public a été immédiatement informé d'ouvrir l'enquête correspondante, à laquelle la gendarmerie coopérera pleinement pour clarifier chaque détail de cet incident inacceptable », ont-ils ajouté.
« À la Gendarmerie, nous revoyons et renforçons nos protocoles d'entrée en détention préventive pour garantir que de telles situations ne se reproduisent pas. L'application de la loi est notre priorité et nous agirons avec fermeté en cas de non-respect », conclut le communiqué public.
Il convient de noter que cette année, trois autres prisonniers ont été libérés en raison d'erreurs administratives de même nature – un en juillet à Santiago, un autre en août à Temuco et le troisième début décembre à Rancagua -, tandis que ce mardi 42 gendarmes ont été placés en détention préventive dans le cadre de la soi-disant « Opération Apocalypse », qui a démantelé un réseau de corruption d'agents en uniforme qui accusaient d'avoir introduit des téléphones portables, de la drogue, de la nourriture et des effets personnels dans les prisons de Santiago 1 et de San. Joaquín.
En raison de tous ces événements, le président Gabriel Boric a annoncé une profonde réforme de la Gendarmerie du Chili afin de transférer ladite institution du ministère de la Justice au ministère de la Sécurité, une question qui n'a pas été bien accueillie par l'Association nationale des responsables pénitentiaires (Anfup), d'où ils ont exprimé leur « répudiation et rejet les plus profonds » de la mesure, affirmant qu'il s'agit d'un « acte unilatéral » dans lequel ils n'ont pas été pris en compte.
Ainsi, à travers un communiqué, le banc des députés du Renouveau National (RN) a exigé la démission du ministre de la Justice et des Droits de l'Homme, Jaime Gajardo, et celle du directeur national de la Gendarmerie, Rubén Pérez.
Selon les parlementaires, la série d'erreurs commises par l'institution représente « un risque énorme pour la sécurité de la population, puisqu'elles impliquent la libération des personnes accusées ou reconnues coupables de crimes graves (…) et jettent une ombre de doute sur la justesse des actions de la Gendarmerie, qui fait aujourd'hui l'objet d'une enquête en raison des graves complots de corruption révélés ».
Pour cette raison, les députés ont assuré que Gajardo a une « responsabilité politique » puisqu' »il est chargé de superviser et de coordonner avec la gendarmerie chilienne conformément à la législation organique du portefeuille qu'il dirige ».
« Nous savons que la continuité des ministres d'État dépend de la confiance du Président de la République, mais il n'en est pas moins vrai que depuis le Congrès national nous avons mis à la disposition du gouvernement une série d'outils réglementaires pour lutter contre la délinquance, et qu'il n'est pas possible que ces efforts finissent par être boycottés en raison de négligences répétées d'un service dont la tutelle correspond par mandat légal au ministre de la Justice et des Droits de l'Homme », ont conclu les législateurs.