Chili : le gouvernement Boric promeut un projet visant à indemniser les victimes de la violence radicale mapuche

Le gouvernement de Gabriel Boric a soumis lundi au Sénat un projet de loi visant à reconnaître, qualifier et indemniser les victimes de violence dans la macrozone du sud du Chili.

L'initiative comprend les recommandations émises par la Commission présidentielle pour la paix et la compréhension, qui a analysé les actes de violence survenus depuis le retour à la démocratie (1990) jusqu'à ce jour, dans les régions de Biobío, La Araucanía, Los Ríos et Los Lagos.

Ainsi, la norme s'adresse « aux personnes affectées par des actes de violence liés au conflit interculturel et territorial », elle propose la création d'une commission chargée de qualifier la condition de victime, la mise en œuvre d'un programme chargé de coordonner et d'exécuter des actions de soins, de soutien et de réparation intégrale, et la création d'un registre officiel pour enregistrer ceux qui sont classés comme tels par l'organisme technique.

En outre, il élargit le concept de violence au-delà des événements traditionnellement associés à la violence dite rurale, en intégrant également les expressions de violence institutionnelle, ainsi que les obstacles à la libre circulation et au développement des activités éducatives, économiques, religieuses ou spirituelles.

Enfin, le projet établit « la réparation des victimes pour les dommages physiques, psychologiques, patrimoniaux, culturels et sociaux, dont les solutions transcendent la compensation économique et incluent des actions de remplacement des activités sociales et des interventions collectives pour contenir et prévenir la violence, ainsi que la sensibilisation, la mémoire, la promotion du dialogue et le renforcement des initiatives de coexistence », conclut le document.

L’état d’exception actuel

Lors d'un point de presse, le ministre de l'Intérieur, Álvaro Elizalde, a rappelé que « la Commission pour la paix et la compréhension, qui a bénéficié d'un soutien transversal depuis sa création, a travaillé avec fermeté pour proposer des mesures qui établiraient une nouvelle relation entre l'État et le peuple mapuche ».

« Comme cela a été annoncé à l'époque, pour cela la reconnaissance des victimes de la violence dans la région est essentielle. Avec l'entrée de cette loi, nous faisons un pas ferme en faveur des Chiliens qui vivent dans les régions de Biobío, La Araucanía, Los Ríos et Los Lagos », a-t-il déclaré.

Pour sa part, le sous-secrétaire de l'Intérieur et ancien représentant du gouvernement à la Commission, Víctor Ramos (FA), a souligné qu'« il y a encore beaucoup à améliorer dans la manière dont l'État apporte une réponse globale aux victimes. Ce projet s'occupe de cette dette ».

« Il organise mieux l'aide, intègre et inclut toutes les personnes indépendamment de leur origine ou du peuple auquel elles appartiennent et permet, en même temps, de respecter les normes juridiques qui sont conformes à ce qu'exigent notre Constitution et nos lois », a conclu Ramos.