L'Assemblée législative prolonge le régime d'urgence de 30 jours supplémentaires au Salvador

L'Assemblée législative du Salvador a approuvé ce 26 août une nouvelle extension du régime d'exception demandée par le président Nayib Bukele par l'intermédiaire du Conseil des ministres. Le décret, qui prolonge de trente jours la suspension de plusieurs garanties constitutionnelles, a été soutenu par 57 voix pour. Le régime, en vigueur depuis mars 2022, se poursuivra jusqu'au 27 septembre 2026.

La mesure implique que les droits établis aux articles 12, deuxième alinéa ; 13, deuxième paragraphe ; et 24 de la Constitution, qui incluent le droit de la défense, la durée maximale de la détention administrative et l'inviolabilité de la correspondance. L'Exécutif a soutenu que cette prolongation répond à la persistance des conditions qui ont donné lieu à la déclaration initiale du régime, parmi lesquelles l'activité des groupes criminels et la nécessité de maintenir les niveaux atteints en matière de sécurité publique.

Au cours de la séance plénière, le président de l'Assemblée, Ernesto Castro, a expliqué que la demande avait été traitée avec renonciation au traitement et avait été immédiatement soumise au vote. Selon l'avis favorable, le Conseil des ministres a fondé sa demande sur les résultats qu'il attribue au régime, tels que la réduction du taux d'homicides et la capture de plus de 92.959 personnes liées à des structures criminelles. Les autorités estiment que, si la mesure est levée, il existe un risque de recul des acquis obtenus.

Dossier : La prolongation du régime d'exception maintient suspendus le droit de la défense, la durée maximale de la détention administrative et l'inviolabilité de la correspondance. /(Photo AP/Salvador Meléndez, dossier)

Le rapport du ministre de la Sécurité publique et de la Justice, Héctor Gustavo Villatoro, présenté à la 31ème session du Conseil, affirme que le pays reste confronté à des menaces de groupes terroristes et criminels qui, selon les autorités, cherchent à récupérer leur présence territoriale. Les arguments présentés comprenaient l'arrestation récente de jeunes impliqués dans des activités liées aux gangs, la saisie de drogues et d'appareils mobiles avec des preuves de liens criminels et l'identification de tentatives de maintien de symboles et de communications appartenant aux organisations.

Le régime d’exception a été initialement approuvé le 27 mars 2022, après une vague de violences attribuées aux gangs. Depuis lors, elle a été renouvelée continuellement, sous prétexte que la menace persiste et que les mesures extraordinaires ont permis au Salvador d'enregistrer, selon les données officielles, plus de 1 299 jours sans homicides sous l'actuelle administration.

La Constitution salvadorienne prévoit que la suspension des garanties ne peut excéder trente jours, tout en autorisant des prolongations successives si les circonstances qui ont motivé la mesure persistent. L'Exécutif a rappelé l'existence d'une jurisprudence nationale qui admet les extensions successives tant que les causes subsistent, tant que le délai des décrets est respecté.

Dossier : Le régime d'exception approuvé par l'Assemblée législative du Salvador entrera en vigueur le 29 août avec une validité de trente jours. /(EFE/Rodrigo Sura)

Au cours de la séance plénière de ce jour, il a été mentionné que le régime avait facilité la capture de membres de gangs expulsés de pays comme les États-Unis, le Mexique et le Guatemala, ce qui, selon les autorités, montre la dimension transnationale du phénomène criminel. Par ailleurs, la continuité des stratégies de renseignement visant à empêcher le regroupement de ces structures dans le pays et la région a été évoquée.

La nouvelle extension, qui entrera en vigueur le 29 août, maintient la suspension de certains droits seulement, comme approuvé dans les dernières extensions. L'Exécutif a souligné que cette mesure est essentielle pour soutenir l'action de l'État contre les organisations criminelles et garantir la sécurité des citoyens.

Le décret prévoit que les garanties suspendues seront automatiquement rétablies à l'expiration du terme si une nouvelle prolongation n'est pas accordée. Le Gouvernement a réitéré son engagement à maintenir la protection de la vie et de l'intégrité de la population, affirmant que les conditions de sécurité obtenues nécessitent une consolidation avant d'envisager la levée du régime.