Le gouvernement du Brésil a mis en œuvre un protocole national pour les enquêtes sur les crimes contre les journalistes, dans le but de renforcer la liberté de la presse et d'assurer une réponse plus agile et coordonnée à ces crimes.
La mesure a été officialisée par un décret signé au Palais présidentiel du Planalto par le ministre de la Justice, Wellington César, et le Secrétariat de la communication sociale, Sidônio Palmeira, à l'occasion de la Journée des journalistes au Brésil.
Le protocole introduit des lignes directrices obligatoires pour les actions des organes policiers et judiciaires en cas de violence contre les professionnels de la communication, y compris l'adoption immédiate de mesures de protection des victimes et la priorité dans les enquêtes.
Selon le gouvernement, l'initiative vise à unifier les procédures dans tout le pays, à réduire l'impunité et à garantir le sérieux dans le traitement des délits contre les journalistes, surtout lorsqu'ils sont liés à la pratique professionnelle.

Le document envisage également la coordination entre les forces de sécurité, le ministère public et la justice, ainsi que la formation des agents publics pour détecter d'éventuels liens entre les attaques et le travail journalistique des victimes.
Un communiqué de la présidence indique que le protocole prend comme référence les normes internationales de protection de la liberté d'expression et répond aux recommandations des organisations nationales et internationales des droits de l'homme.
Le ministre de la Justice a soutenu que les professionnels de la presse jouent un rôle essentiel dans la consolidation démocratique et que la violence à leur encontre affecte à la fois les victimes directes et le droit de la société à recevoir l'information.
Selon le dernier rapport annuel de Reporters sans frontières (RSF) sur les violences contre les journalistes, même si la situation au Brésil n'est plus critique et qu'en 2025 seul le meurtre d'un communicateur a été enregistré, le pays est le deuxième pays le plus dangereux de la région pour les journalistes au cours de la dernière décennie, avec 30 morts.
L’Association interaméricaine de la presse (IAPA) a indiqué qu’au Brésil « le panorama inquiétant du harcèlement judiciaire » contre les journalistes persistait en 2025 et a qualifié d’« alarmante » les intimidations contre les professionnels de l’information.