Brésil : une nouvelle enquête révèle une égalité technique entre Lula da Silva et Flávio Bolsonaro en cas de second tour

Le scénario électoral au Brésil semble de plus en plus serré après la publication de la dernière enquête Meio Ideia, qui fait état d'une égalité technique dans un éventuel second tour entre Lula da Silva et Flávio Bolsonaro.

Le président a 45,5% d'intentions de vote, tandis que le sénateur et fils de l'ancien président Jair Bolsonaro atteint 45,8%. Cette différence minime de 0,3 point de pourcentage se situe dans la marge d’erreur de 2,5 points.

L’égalité technique entre Lula et Bolsonaro au second tour présidentiel est due à la combinaison d’une égalité statistique et d’un électorat très volatile. Plus de la moitié des personnes interrogées ont déclaré qu'elles pourraient modifier leur vote avant octobre, ce qui augmente l'incertitude et renforce le climat de polarisation politique au Brésil.

L'enquête, réalisée entre le 3 et le 7 avril auprès d'un échantillon de 1.500 personnes dans tout le pays, a confirmé que la compétition entre les deux principaux candidats est plus ouverte que jamais. Un autre fait important est que les votes nuls, blancs et indécis représentent 8,7% des personnes consultées, une quantité susceptible de faire pencher le résultat électoral.

Dans d'autres simulations du deuxième tour, Lula surpasse Ronaldo Caiado (PSD) avec 45% contre 39% et Romeu Zema (Novo) avec 44,7% contre 38,7%. En outre, le président l'emporte sur Renan Santos (Missão) et Aldo Rebelo (DC).

Une machine à voter électronique (REUTERS/Adriano Machado/File)

Facteurs de volatilité dans l’électorat

L’un des chiffres les plus marquants est la hausse de la volatilité des votes. Selon l'étude publiée mercredi, 51,4% des Brésiliens affirment qu'ils pourraient encore modifier leur décision avant les élections. En janvier, cette proportion était nettement plus faible (35,5%), ce qui témoigne d'une augmentation significative de l'indécision.

L'étude indique que la volonté de modifier le vote est plus élevée parmi les partisans de l'opposition : 60,4 % de ceux qui préfèrent Flávio Bolsonaro et 69,4 % des partisans de Caiado reconnaissent cette possibilité. Parmi les électeurs de Lula, seuls 26,6% envisagent de modifier leur élection, ce qui reflète une plus grande stabilité de la base du chef de l'Etat.

Le président du Brésil, Luiz Inácio Lula da Silva, lors d'une réunion ministérielle au Palais du Planalto à Brasilia (REUTERS/Adriano Machado)

Performance de Lula et Flávio Bolsonaro dans d’autres scénarios et évaluation managériale

Au premier tour, Lula reste en tête avec 40,4 %, suivi de Flávio Bolsonaro avec 37 %. D'autres candidats sont distancés : Caiado atteint 6,5%, tandis que Zema et Santos obtiennent chacun 3% et Rebelo 0,6%. Le niveau d'indécision reste élevé : 8,5% des électeurs n'ont pas encore défini leur option.

Dans la question spontanée, où aucun candidat n'est présenté, Lula obtient 32,6% de mentions et Flávio Bolsonaro, 19,4%. L'ancien président Jair Bolsonaro, actuellement inéligible, conserve 6% de préférence déclarée, ce qui montre qu'une partie de l'électorat Bolsonaro n'a pas complètement transféré son soutien à son fils.

L'évaluation de la gestion gouvernementale affecte également le panorama électoral. 46,4% des personnes interrogées jugent l'administration actuelle négative ou très négative, contre 32,2% qui l'apprécient positivement. Le domaine de la sécurité publique reçoit 53,9% d'opinions négatives et seulement 18,9% favorables, selon les données de Idée Meio.

Les gens achètent au marché municipal de San Pablo (REUTERS/Paulo Whitaker/File)

Facteurs déterminants dans la décision de vote et le contexte politique

Parmi les critères clés qui influencent la décision de l'électorat, se distinguent le coût de la vie et l'endettement. Pour 74,7%, ces aspects sont importants ou très importants dans la définition de leur vote ; et 70,4% estiment que le coût de la vie a augmenté au cours de la dernière année. De plus, un pourcentage important mentionne la dette comme une préoccupation croissante.

Concernant la continuité de Lula au pouvoir, 51,5% considèrent que le président ne devrait pas continuer après ce mandat, tandis que 45% soutiennent sa permanence. Concernant l'amnistie pour les événements putschistes, 41% rejettent tout type de pardon, 32% soutiennent une amnistie générale et 21% choisissent de la limiter aux seuls manifestants.

L'influence étrangère dans les élections divise également les opinions : 52% soutiennent que la décision devrait dépendre exclusivement des Brésiliens, tandis que 28% trouvent légitime de recourir au soutien international pour sauvegarder la justice électorale. Tout cela crée un environnement marqué par la polarisation, la sensibilité aux menaces possibles contre la démocratie et le contrôle du pouvoir judiciaire.