Le Syndicat national des travailleurs de la presse (SNTP) a dénoncé le fait que six journalistes et travailleurs de la presse continuent de faire l'objet de poursuites judiciaires au Venezuela, dont Carlos Correa, candidat au poste de rapporteur spécial pour la liberté d'expression de la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH).
Après avoir rappelé que « des dizaines d'autres restent en exil, certains également poursuivis ou menacés », le SNTP réclame « le classement des dossiers et la levée des mesures restrictives » qui frappent les professionnels de la communication.
Militant renommé pour la liberté d'expression et directeur de l'ONG Espacio Público, Correa a été détenu du 7 au 16 janvier 2025 dans la prison El Helicoide, identifiée comme centre de torture récemment fermé par la présidente par intérim Delcy Rodríguez.
Le journaliste était en état de « disparition forcée », soumis à l'isolement et sans possibilité de parler avec ses avocats. Le SNTP souligne que Correa est poursuivi par le régime chaviste depuis 604 jours.

Différentes organisations de défense des droits de l'homme ont insisté sur ce qui suit : La libération de prison ne signifie pas la liberté totale. Le gouvernement intérimaire de Rodríguez a promulgué une loi d'amnistie et a libéré des centaines de prisonniers politiques ; Cependant, une fois dans la rue, les bénéficiaires continuent de subir des limitations telles que l'assignation à résidence, des comparutions périodiques devant les tribunaux et des interdictions de quitter le pays.
Le Comité pour la libération des prisonniers politiques a indiqué avoir « documenté au moins 400 cas de personnes détenues arbitrairement pour des raisons politiques », dont « 37 présentent des pathologies graves nécessitant une prise en charge médicale soutenue ».
Rory Branker, rédacteur en chef de la page La Patilla, est également concerné. « Non satisfaits d’avoir été victimes d’une disparition forcée pendant sept mois, emprisonnés arbitrairement, torturés, ridiculisés publiquement à la télévision nationale, calomniés, vilipendés et retardés d’un an après la falsification d’un dossier, ils m’ont fait savoir qu’ils n’en avaient pas fini avec moi », a écrit Branker sur ses réseaux en rapportant que les tribunaux lui avaient refusé l’amnistie.

A la tête de 38 médias, 63 organisations de la société civile et 164 individus, le SNTP a publié cette semaine le « Manifeste pour la restitution de la liberté d'expression », qui réclame entre autres la liberté totale et la fin des persécutions contre les travailleurs de la presse. Dans le texte, ils exigent tout, depuis la clôture des procédures judiciaires jusqu'à la restitution des passeports annulés aux communicateurs.