Le Parlement vénézuélien a approuvé une nouvelle loi minière autorisant les investissements étrangers dans le secteur aurifère

L'Assemblée nationale du Venezuela a approuvé une nouvelle loi minière qui permet l'entrée de capitaux privés et étrangers dans le secteur minier du pays. Cette décision a été prise dans un contexte de regain d'intérêt des États-Unis pour l'or vénézuélien et après l'assouplissement des restrictions sur le commerce de cette ressource.

Les règlements, qui remplacent la législation en vigueur depuis plus de deux décennies, ont été approuvés à l’unanimité après un long débat au parlement contrôlé par le chavisme.

L'Assemblée nationale a approuvé le règlement à l'unanimité après un long débat (EFE)

La loi minière, composée de 131 articles, abroge la norme de 1999 établie sous le mandat d'Hugo Chávez, qui établissait un régime de contrôle étatique sur les ressources minérales.

Les entreprises et consortiums nationaux, étatiques et étrangers pourront exploiter l'or et d'autres minéraux stratégiques dans le cadre de concessions d'une durée maximale de 30 ans, renouvelables deux fois pour des périodes de 10 ans.

Parmi les dispositions centrales, la réglementation interdit aux agents publics et à leurs familles de participer en tant qu'actionnaires ou associés à des coopératives ou des sociétés commerciales qui acquièrent des titres miniers pendant cinq ans après avoir quitté leurs fonctions. Cette mesure, incluse dans l'article 74, vise à éviter les conflits d'intérêts et à limiter l'influence directe des autorités du secteur.

Arc minier de l’Orénoque Venezuela

La loi envisage également la possibilité pour l'État de se réserver l'exploitation primaire des minéraux radioactifs et leur commercialisation, si l'intérêt public et stratégique le détermine. L'article 124 prévoit des peines de prison allant de 10 à 15 ans pour ceux qui exercent des activités minières dans des zones protégées sous un régime spécial garantissant la protection de l'environnement.

La promulgation de cette législation répond à la fois à la pression internationale et à l'urgence d'attirer des investissements visant à réactiver l'économie vénézuélienne, affectée par des années de récession et de baisse des revenus pétroliers.

Sous le régime de Nicolas Maduro, le développement minier s'est étendu à plus de 10 % du territoire national, ce qui a généré une augmentation de l'exploitation minière informelle dans des conditions précaires et sous l'influence de groupes criminels.

La chute des revenus pétroliers a marqué le régime Maduro et accéléré la recherche d’alternatives économiques (EFE)

Le Département d’État des États-Unis estime que la valeur marchande de l’or extrait au Venezuela s’élève en moyenne à 2,2 milliards de dollars par an, bien que le contrôle de l’État sur cette activité soit limité.

La sanction de la loi intervient peu après la visite à Caracas du secrétaire américain à l'Intérieur, Doug Burgum, qui a exprimé l'intérêt des entreprises nord-américaines à opérer au Venezuela.

Doug Burgum s'est rendu à Caracas pour exprimer l'intérêt des entreprises américaines à opérer dans le pays (AP Photo/Ariana Cubillos)

À la suite de cette réunion, le département du Trésor américain a délivré une licence autorisant certaines activités liées à l'exploitation et à la commercialisation de l'or vénézuélien par des sociétés américaines, à condition que les contrats soient régis par la loi américaine, selon Reuters.

Le président par intérim, Delcy Rodríguez, a promu cette initiative dans le cadre d'une série de réformes visant à attirer les investissements étrangers et à stabiliser l'économie nationale.

Delcy Rodríguez a dirigé la réforme dans le cadre d'une stratégie visant à attirer les capitaux et à stabiliser l'économie (EFE)

La réforme de la loi minière fait suite à la modification de la législation sur les hydrocarbures et s'inscrit dans une stratégie de redéfinition du rôle de l'État dans les secteurs clés.

Rodríguez a déclaré que la nouvelle norme « représente un véhicule pour construire la prospérité future » et un « instrument qui protège » les travailleurs miniers.