Le Syndicat national des travailleurs de la presse (SNTP) du Venezuela a fait état jeudi du transfert du journaliste Yorbin García, arrêté samedi dernier, du siège du Service national bolivarien de renseignements (Sebin) dans la ville de Valera (État de Trujillo, ouest) vers la prison Yare II, à Miranda (nord, près de Caracas).
Dans son récit sur X, le SNTP a indiqué que García, un collaborateur du média Palpitar Trujillanoa été présenté au tribunal mardi dernier et « inculpé des crimes d’incitation à la haine, de trahison et de résistance à l’autorité ».
« Garcia serait accusé d'avoir prétendument en sa possession un sac contenant des dépliants contenant la phrase 'canonisation sans prisonniers politiques'. Ce serait une preuve fabriquée », a déclaré le syndicat.
Il a donc rejeté ces accusations, qu’il a qualifiées de « sans fondement » et qui, a-t-il poursuivi, « cherchent à faire taire le syndicat des journalistes », tout en exigeant sa « libération immédiate » et celle des 21 autres professionnels de la presse détenus au Venezuela.
Lundi dernier, la Commission des droits de l'homme du parti d'opposition Vente Venezuela (VV), dirigé par la lauréate du prix Nobel de la paix 2025, María Corina Machado, a dénoncé la détention de García à Trujillo lors d'un événement célébrant la canonisation du médecin vénézuélien José Gregorio Hernández, que l'Église a fait saint dimanche dernier.
À travers
Selon l'organisation Foro Penal, il y a 866 prisonniers politiques au Venezuela. Selon le rapport publié par l'ONG jusqu'au 20 octobre 2025, la majorité de ceux qui restent privés de liberté pour des raisons politiques sont des adultes et des civils, même s'il y a aussi 173 militaires et quatre adolescents entre 14 et 17 ans.
Le rapport précise que seules 156 des personnes détenues risquent une condamnation judiciaire, tandis que les 710 restantes restent emprisonnées sans condamnation.
Le document de l'ONG vénézuélienne souligne que la semaine précédente, entre le 13 et le 20 octobre, 21 nouvelles arrestations politiques ont été enregistrées et aucune libération n'a eu lieu. En outre, il indique que 38 personnes sont portées disparues et que 97 détenus ont une nationalité étrangère.
Le Forum Pénal prévient que de nombreuses familles ignorent le statut et la localisation réelle de leurs proches privés de liberté.