Le transport par applications au Panama devient un service de luxe avec de nouvelles règles

Le Panama a franchi une étape clé dans la réglementation du transport par applications avec la publication d'un nouveau décret qui établit des règles claires pour les plateformes telles qu'Uber et InDrive, redéfinissant ce service comme un transport sélectif de luxe demandé via les technologies numériques.

Les réglementations introduisent des changements structurels qui transforment la manière dont les conducteurs et les entreprises fonctionnent, notamment des exigences plus strictes pour les véhicules et ceux qui fournissent le service.

L'un des changements les plus importants est que les conducteurs ne pourront plus fonctionner de manière indépendante, comme c'est le cas actuellement, mais devront nécessairement appartenir à un organisme de transport agréé, appelé emprunteur.

Ce point ouvre un nouveau scénario dans le pays, puisque ces organisations sont historiquement mises en cause pour leur manque de transparence dans l'attribution des quotas, ce qui pourrait générer des tensions au sein du secteur.

Le décret établit également que les véhicules qui circulent sur ces plateformes doivent répondre à des conditions spécifiques d'âge et de caractéristiques physiques, soulignant qu'ils ne peuvent pas avoir plus de sept ans au moment du démarrage du service.

Les conducteurs doivent satisfaire aux exigences en matière de permis, d’antécédents et de nationalité. PHOTO : DIEGO SIMÓN SÁNCHEZ /CUARTOSCURO.COM

De plus, ils doivent disposer de la climatisation, de ceintures de sécurité et de normes de confort, renforçant l'idée que ce segment sera considéré comme un service de transport de luxe au sein du système public.

Bien que le décret introduit de nouvelles exigences sur l'âge et l'état des véhicules, plusieurs d'entre elles étaient déjà exigées par certaines plateformes numériques opérant dans le pays, notamment en ce qui concerne les limites d'âge, l'état physique de la voiture et les normes de confort des utilisateurs.

En pratique, cela implique qu'une partie de la réglementation formalise des critères qui étaient déjà appliqués par le marché, même si désormais ils deviennent obligatoires sous le contrôle de l'État et non plus seulement dans les conditions internes de chaque application.

Un autre aspect clé est l'identification visible des véhicules, puisque chaque unité doit porter un autocollant avec le logo de la plateforme numérique et de l'emprunteur qui l'endosse, ainsi qu'une plaque spéciale délivrée par la Land Transit and Transportation Authority (ATTT) qui identifiera le véhicule sous la nomenclature « TL ». Cette mesure vise à faciliter le contrôle et à différencier ce service du reste des transports publics.

Les véhicules qui circulent sur des plates-formes au Panama ne peuvent pas avoir plus de sept ans au moment de leur entrée en service. REUTERS

Quant aux conducteurs, la réglementation impose de nouvelles exigences. Seuls ceux qui sont panaméens, possèdent un permis de type E-1 et ont un casier judiciaire vierge au cours des dix dernières années pourront fournir le service, en plus de présenter un bon état de santé pour des infractions mineures.

Ils doivent également avoir l'aval d'un emprunteur, ce qui formalise davantage l'activité et limite l'entrée de nouveaux participants dans le système. D'autre part, la réglementation établit que toute personne physique ou morale qui participe à la fourniture d'un service de transport sélectif de luxe utilisant les technologies numériques doit disposer d'un Avis d'Opération délivré par le Ministère du Commerce et de l'Industrie (MICI), autorisation préalable de l'ATTT.

Cet élément ouvre la possibilité que l'opération soit soumise à des obligations fiscales et communales similaires à d'autres activités commerciales, conformément aux régimes de contrôle et de taxation déjà existants, bien que le décret ne développe pas cette portée en détail.

Le décret introduit également des conditions pour les entreprises emprunteuses, qui seront désormais tenues de présenter une étude technique, économique et sociale justifiant la nécessité du service dans chaque zone, afin de déterminer le nombre de véhicules autorisés. Cette exigence implique que la croissance du service sera soumise à des critères de demande et à la planification de l'État, s'éloignant du modèle actuel plus flexible piloté par les plateformes numériques. nom

Au Panama, les conducteurs doivent appartenir à un emprunteur pour pouvoir utiliser des applications.n REUTERS

Ce changement laisse ouverte la possibilité d'une offre plus limitée et d'éventuels effets sur les tarifs, en fonction du comportement du marché.

Dans le cas des plateformes technologiques, la réglementation prévoit qu'elles ne peuvent embaucher que des chauffeurs répondant à toutes les exigences légales et liés à un prestataire agréé, ce qui limite leur capacité à fonctionner de manière indépendante.

En outre, ils doivent garantir qu'il existe au moins un moyen de paiement électronique, même si la possibilité de payer en espèces est maintenue, élargissant ainsi les options offertes aux utilisateurs.

Le décret définit également une série d'interdictions. Parmi eux, il est établi que les plateformes ne pourront pas acquérir ou gérer directement des véhicules pour fournir le service, puisque leur fonction se limite à l'intermédiation.

De même, l'utilisation de véhicules sans certificat d'exploitation est interdite, tout comme l'usurpation d'identité de conducteur, renforçant ainsi les contrôles au sein du système.

Chaque véhicule doit porter une plaque d'immatriculation spéciale et un autocollant visible de l'entreprise ou de la plateforme, dans le cadre de l'identification obligatoire du service de luxe. Tiré d'Internet

Un autre changement important est que tous les conducteurs doivent disposer d'un certificat d'exploitation à jour et se conformer aux processus d'enregistrement et de contrôle établis par l'ATTT, ce qui implique une plus grande surveillance de l'État.

De plus, tout non-respect de ces dispositions peut entraîner des sanctions administratives et des procédures judiciaires, notamment la suspension du service ou l'annulation du permis.

La nouvelle réglementation entrera en vigueur après sa promulgation, même si certains de ses articles entreront en vigueur dans un délai de trois mois, laissant aux conducteurs et aux entreprises la possibilité de s'adapter aux nouvelles conditions. Cette période sera clé pour évaluer l’impact de la réglementation dans un secteur qui a connu une croissance rapide ces dernières années.