Le Venezuela a appliqué la loi d'amnistie à 8 616 personnes depuis son approbation, selon le Parlement

Au total, 8.616 personnes ont été amnistiées au Venezuela après l'approbation d'une loi spécifique, selon le représentant Jorge Arreaza, président de la commission parlementaire chargée de contrôler la loi.

Cette annonce a été faite après que les autorités ont reçu plus de 12 000 demandes d'amnistie, dont 8 616 ont été approuvées jusqu'à présent.

Parmi les bénéficiaires, 8 302 personnes faisaient l'objet de mesures conservatoires restreignant leur liberté et 314 restaient privées de liberté dans les centres pénitentiaires.

Des proches de prisonniers politiques ont effectué un chemin de croix devant une prison au Venezuela

La loi d'amnistie, promulguée en février, couvre une période de 27 ans depuis 1999, mais se limite aux personnes liées à 13 événements survenus au cours du même nombre d'années. Sont exclus ceux liés aux opérations militaires, aux crimes de corruption, aux homicides et aux violations des droits de l'homme.

Les autorités vénézuéliennes n'ont pas encore publié la liste officielle des personnes amnistiées, malgré les demandes du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Türk, et des organisations de la société civile.

Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, a demandé la publication de la liste officielle des personnes amnistiées au Venezuela (Reuters)

Selon les informations publiées par Arreaza, les demandes d'amnistie restent ouvertes aussi bien aux Vénézuéliens résidant dans le pays qu'à l'étranger.

Depuis l'entrée en vigueur de la loi, l'organisation non gouvernementale Foro Penal, dédiée au suivi des prisonniers politiques, a indiqué que moins de 25% des libérations enregistrées cette année au Venezuela sont attribuées à la loi d'amnistie.

Le militant Javier Tarazona et sa mère après sa libération (Reuters)

Le dernier rapport du Foro Penal, en date du 20 avril, indique que 473 personnes restent détenues pour des raisons politiques au Venezuela, dont 43 sont étrangères ou ont la double nationalité.

Le Forum pénal a dénombré 473 prisonniers politiques au Venezuela

Au sein de ce groupe, 427 sont des hommes et 46 femmes, dont 187 militaires et un adolescent, tandis que deux personnes sont portées disparues. Sur le nombre total de détenus, 309 n'ont pas encore été condamnés définitivement et 164 ont déjà été condamnés par la justice.

Depuis 2014, l’organisation a recensé 19 087 arrestations pour des raisons politiques et a fourni une assistance à plus de 14 000 personnes qui ont ensuite retrouvé leur liberté.

Avril 2126 La prison d'INFOBAE est le III Rodéo

Parallèlement au processus d'amnistie, des manifestations de proches de prisonniers politiques ont eu lieu, qui ont veillé pendant 100 jours devant différents centres pénitentiaires pour exiger la libération de leurs proches.

Le Comité pour la liberté des prisonniers politiques a dénoncé le fait que la prison Rodeo I, située dans la banlieue de Caracas, ait été identifiée comme un lieu où les traitements cruels envers les détenus s'intensifient.

Les proches ont exprimé leur inquiétude face à la persistance de la répression, au retard des libérations et aux souffrances de ceux qui attendent la liberté de leurs proches.

Des proches de prisonniers politiques ont effectué un chemin de croix devant une prison au Venezuela

L'opposition a également exprimé sa position à l'Assemblée nationale. Le député David Uzcátegui, membre de la commission de surveillance de l'amnistie, a reconnu qu'il y avait encore beaucoup de travail pour parvenir à la libération totale des prisonniers politiques.

Au cours d'une session parlementaire, Uzcátegui a souligné que le processus est loin d'être terminé et que de nombreuses personnes continuent d'être détenues pour des raisons politiques.

Un homme d'âge moyen, David Uzcátegui, aux cheveux gris foncé, sourit en regardant la caméra, vêtu d'une chemise bleue et d'un fond blanc uni.

La loi d'amnistie a été promulguée sous la pression internationale, dans le but de promouvoir la coexistence démocratique et comme condition à l'allègement des sanctions économiques.

Cependant, le manque de transparence dans la publication de la liste des bénéficiaires et la discrétion dans son application ont suscité des critiques de la part des organisations de défense des droits de l'homme et des acteurs politiques.

Parmi les cas emblématiques mentionnés par Amnesty International figurent des personnes qui se sont vu refuser l'amnistie ou dont la demande a été révoquée après avoir été approuvée, ainsi que le fonctionnement continu de centres de détention signalés pour torture, comme Helicoide à Caracas.

El Helicoide à Caracas est un centre de détention signalé pour torture (Europa Press)

Dans ce contexte, le Parlement vénézuélien a entamé le processus de renouvellement des juges de la Cour suprême, une mesure que certains secteurs considèrent comme essentielle pour faire avancer la transition démocratique.

Le Parlement vénézuélien a adopté la loi d'amnistie en février (Europa Press)