Les carburants ont augmenté en Équateur : comment le prix du pétrole et les tensions au Moyen-Orient influencent

Depuis le 12 avril 2026, les prix de l'essence et du diesel en Équateur ont enregistré une nouvelle augmentation mensuelle, conformément au système d'ajustement des fourchettes en vigueur depuis 2020. L'augmentation ne répond pas à une décision isolée du gouvernement, mais à une combinaison de variables internes et externes qui affectent directement le coût des carburants consommés par le pays.

L’Équateur, bien qu’il soit producteur de pétrole, dépend largement de l’importation de produits dérivés tels que l’essence et le diesel. Cela implique que les prix intérieurs sont liés, en partie, à l’évolution du marché international. Lorsque le coût du pétrole brut et des carburants raffinés augmente à l’étranger, l’impact se répercute progressivement sur le marché local.

Le mécanisme qui régule ces ajustements est le système de bandes. Dans le cadre de ce système, les prix de certains carburants, comme l'essence Extra, l'Ecopaís et le diesel, peuvent augmenter ou baisser chaque mois dans une fourchette limitée, généralement jusqu'à 5 %. L’objectif est d’éviter des variations brusques, mais en même temps de réduire le poids de la subvention de l’État, qui représente depuis des années une dépense importante pour les finances publiques.

Photographie montrant un avis avec les prix du carburant dans une station-service ce vendredi à Quito (Équateur). EFE/José Jacôme

Ce mois d'avril, l'ajustement à la hausse coïncide avec un contexte international marqué par des tensions sur le marché de l'énergie. L’un des facteurs clés est le comportement du prix du pétrole, qui a affiché une tendance à la hausse ces dernières semaines en raison des restrictions d’approvisionnement et de l’incertitude géopolitique.

Le prix de l'essence Extra et Ecopaís en Équateur est passé de 2,89 USD à 3,024 USD par gallon, tandis que le prix du diesel est passé de 2,828 USD à 2,962 USD, ce qui représente une augmentation d'environ 0,134 USD par gallon dans les deux cas, ce qui équivaut à environ 5% autorisé par le système de bandes. En revanche, l'essence Super, qui n'est pas subventionnée, a enregistré une augmentation plus importante, atteignant environ 4,57 dollars le gallon.

Dans ce scénario, les tensions au Moyen-Orient occupent à nouveau une place importante. La région concentre une part substantielle de la production pétrolière mondiale et abrite des routes critiques pour son transport. Parmi eux, se distingue le détroit d’Ormuz, un corridor maritime par lequel transite environ un cinquième du pétrole brut vendu dans le monde.

Toute menace pesant sur cette voie stratégique a tendance à générer des réactions immédiates sur les marchés. Même si cela ne se traduit pas toujours par des interruptions effectives de l’approvisionnement, le simple risque de blocage ou de conflit fait craindre des pénuries et, par conséquent, des prix internationaux. Cet effet se répercute sur les pays qui importent des produits dérivés comme l’Équateur, qui finissent par être confrontés à des coûts d’acquisition plus élevés.

PHOTO DE DOSSIER : Navires de charge dans le Golfe, près du détroit d'Ormuz, le 11 mars 2026. REUTERS/Stringer/File Photo/File Photo

À cela s’ajoute le comportement des pays producteurs et des alliances telles que l’OPEP+, qui, à différents moments, ont appliqué des réductions de production pour soutenir ou augmenter les prix du pétrole brut. Ces décisions, combinées à la demande mondiale et aux facteurs spéculatifs du marché, créent un environnement de volatilité qui a un impact direct sur les économies dollarisées et dépendantes des importations d’énergie.

Cette augmentation reflète également la politique de l’État visant à contenir les dépenses en subventions. Pendant des années, l’Équateur a maintenu les prix artificiellement bas grâce à des subventions qui s’élevaient à des milliards de dollars par an.

Le gouvernement de Daniel Noboa a réussi à supprimer la subvention au diesel en 2025. Même s'il y a eu des protestations, elles n'ont pas égalé celles de 2019, lorsque l'ancien président Lenín Moreno avait tenté la même chose.

Photo d'archives du président de l'Équateur, Daniel Noboa. EFE/José Jacôme

L'Exécutif a mis en place des mécanismes de compensation destinés au secteur des transports afin d'éviter la paralysie du service public et d'atténuer les coûts politiques associés à la mesure.

Le modèle actuel introduit des ajustements progressifs qui, bien que moins visibles à court terme, génèrent des hausses cumulées des prix des carburants.

L’impact de ces augmentations ne se limite pas au coût de remplissage des réservoirs des véhicules. La hausse des prix du diesel, en particulier, a des répercussions sur le transport de marchandises, la production agricole et les prix des produits de base. Chaque ajustement mensuel est suivi de près par les secteurs productifs et de consommation ; Parce que la hausse des prix peut générer de la spéculation sur les prix et rendre les fournitures de base plus chères.