L’indice de confiance des consommateurs panaméens est resté en territoire négatif début 2026, se situant en dessous du seuil de 100 points qui marque la frontière entre confiance et méfiance.
Bien que l'indicateur ait enregistré une reprise par rapport à la mesure précédente, le résultat confirme que la perception des citoyens à l'égard de l'économie est encore marquée par la prudence, les doutes sur la stabilité du pays et une lecture encore fragile sur le bien-être des ménages.
Le comportement de l'indice reflète un schéma contrasté : certaines composantes montrent des signes d'amélioration, tandis que d'autres restent à la traîne et entraînent la moyenne vers la zone de méfiance.
Concrètement, la mesure suggère que le consommateur perçoit un environnement un peu moins défavorable qu'il y a quelques mois, mais encore insuffisant pour parler d'un optimisme soutenu, surtout si l'on observe l'évaluation de l'orientation économique nationale et de la capacité réelle d'épargne.
L'Indice de Confiance des Consommateurs est préparé par The Marketing Group à la demande de la Chambre de Commerce, d'Industrie et d'Agriculture du Panama, dans le cadre d'un suivi périodique de la perception des citoyens concernant l'économie, l'emploi, l'épargne et la situation financière des ménages, dont les résultats servent de référence pour l'analyse du climat économique et du comportement de consommation du pays.
Le premier sous-indice clé est celui qui mesure la situation économique du ménage. Cette composante a montré une amélioration par rapport à la mesure précédente, ce qui indique qu'une partie des répondants perçoivent une certaine stabilisation ou un allègement dans leur budget familial.
Cependant, le niveau reste toujours en dessous du seuil de rentabilité, révélant que la majorité continue d'évaluer ses finances avec prudence, sous la pression des dépenses récurrentes, de l'endettement et du coût de la vie.
Le deuxième sous-indice concerne les attentes concernant l'économie du pays, qui est généralement la plus sensible à l'incertitude générale.
Bien qu'il ait également présenté des progrès, il reste l'une des composantes les plus faibles de l'indicateur, reflétant que le consommateur ne perçoit toujours pas de signes clairs d'un changement structurel dans des variables telles que la croissance soutenue, la qualité de l'emploi, les opportunités d'investissement et la stabilité de l'environnement économique.
En d’autres termes, il peut y avoir des améliorations concrètes, mais les attentes pour le pays ne sont pas encore consolidées.
Le troisième sous-indice, lié à la probabilité d’économiser de l’argent, continue d’être l’un des fronts les plus compliqués. Même s'il s'est redressé, il reste nettement inférieur à 100 points, ce qui montre qu'une partie importante des ménages estime ne pas avoir de marge d'épargne.

Le message implicite est que, même lorsque l’environnement semble s’améliorer sous certains aspects, le revenu disponible reste limité pour de nombreuses familles et les priorités restent concentrées sur la satisfaction des besoins fondamentaux et des engagements immédiats.
Le quatrième sous-indice, le chômage, a été le seul à réussir à passer en territoire positif, dépassant les 100 points.
Ce résultat suggère une perception plus favorable des possibilités d'emploi dans les mois à venir, que ce soit en raison des signaux du marché, d'une plus grande évolution des activités économiques ou des attentes en matière d'embauche. Cependant, cette lecture n'implique pas que le problème soit résolu, mais plutôt que, par rapport aux périodes précédentes, le pessimisme quant à l'obtention d'un emploi a diminué.
Le fait que la composante emploi se redresse alors que la composante épargne reste faible révèle une réalité commune : même lorsqu’il y a des signes d’amélioration de l’emploi, cela ne se traduit pas nécessairement immédiatement par une plus grande capacité d’épargne.
Pour de nombreux ménages, l’emploi peut s’accompagner d’un revenu insuffisant, d’un caractère informel ou d’une instabilité, de sorte que le sentiment de sécurité financière prend plus de temps à se consolider que la perception des opportunités d’emploi.

L'indice est calculé à partir de ces quatre composantes, selon une méthodologie standard basée sur des soldes de réponses positives et négatives, avec une base de référence de 100 points.
Ainsi, rester en dessous de ce seuil implique que les perceptions négatives ou les doutes prédominent, tandis que dépasser 100 indique que l’optimisme prévaut. En janvier, même s'il y a eu une amélioration générale, le résultat a montré clairement que le consommateur ne ressent pas encore un changement suffisamment fort pour parler d'une pleine confiance.
En arrière-plan de ces mesures, pèsent généralement un ensemble de variables qui conditionnent la perception des citoyens : le coût du crédit, le prix des biens et services essentiels, la stabilité de l'emploi, la sécurité des citoyens et le climat général de certitude institutionnelle. Lorsqu’une ou plusieurs de ces dimensions souffrent, le consommateur a tendance à rester en mode défensif, donnant la priorité aux dépenses de base, réduisant les achats importants et reportant les décisions d’investissement familiales.
Le résultat suggère également que le rétablissement de la confiance, s’il se consolide, dépendra du rebond de l’emploi se traduisant par un travail plus stable et mieux rémunéré, et de la possibilité pour les ménages de bénéficier d’un réel soulagement leur permettant de récupérer de la marge d’épargne. Sans ce pont, l’indice pourrait s’améliorer sur certains points, mais resterait vulnérable à tout choc affectant les revenus ou augmentant le coût de la vie.
En résumé, la mesure de janvier montre une amélioration par rapport aux mois précédents, mais elle ne franchit toujours pas la barrière psychologique et technique des 100 points. L'indice se maintient dans une zone négative, porté par la faiblesse de l'épargne et une lecture prudente de l'économie nationale, tandis que l'emploi apparaît comme le principal facteur de reprise.
Les perspectives, pour l’instant, décrivent un pays présentant des signes partiels d’amélioration, mais avec un consommateur qui ne se sent toujours pas suffisamment en sécurité pour faire pleinement confiance à la direction économique.