L'opposition vénézuélienne a exigé ce dimanche, après une réunion avec les dirigeants politiques, une réforme de tous les pouvoirs publics, y compris le pouvoir électoral, comme garantie des prochaines élections dans le pays.
En juillet 2024, l'opposition a dénoncé l'élection pour un troisième mandat consécutif du déchu Nicolás Maduro, alléguant que le corps électoral n'avait pas publié de comptes rendus détaillés des résultats sur son site officiel, comme le prévoit la loi.
Maduro a été capturé le 3 janvier lors d'un raid militaire américain et attend son procès aux États-Unis pour trafic de drogue.
La Plateforme unitaire démocratique, qui regroupe huit partis d'opposition, a présenté dimanche « une feuille de route » pour parvenir à une « transition démocratique » au Venezuela.
L’appel national, auquel ont participé quelque 40 000 militants en personne et virtuellement, est le premier organisé par cette alliance politique depuis 2024. Cette année-là, la forte répression officielle et l’arrestation de dirigeants ont contraint beaucoup d’entre eux à s’exiler et à entrer dans la clandestinité.
« Cette feuille de route obéit au sentiment du pays, mais elle correspond aussi à la stratégie qui a débuté en janvier au Venezuela », a déclaré Roberto Enríquez, porte-parole de la coalition.
Les représentants politiques ratifient la thèse de « l'absence absolue » de Maduro, après l'expiration du délai de 90 jours fixé par la Constitution, et exigent que le président par intérim Delcy Rodríguez « rétablisse les garanties constitutionnelles » et convoque des élections.
Les dirigeants demandent que les interdictions politiques soient levées et que les cartes et symboles électoraux soient restitués à leurs représentants légitimes.
Enriquez a répondu au gouvernement en place, qui affirme donner la priorité à l'économie avant les élections, que « les élections rendent possibles la stabilisation et la reprise, et non l'inverse ».
De son côté, l'opposition et prix Nobel de la paix, María Corina Machado, a annoncé dans un message diffusé en ligne qu'il existe des accords et un consensus pour réaliser la transition.
Le parti qu'elle dirige, Vente, a exigé vendredi la convocation d'élections en l'absence du président.
« Les Vénézuéliens ont une culture démocratique. Nous ne sommes pas divisés. Dites-moi dans quel autre pays dans le monde 90 % de la population veut la même chose. Nous sommes organisés et prêts à faire ce que nous avons à faire », a déclaré Machado.
Il a déclaré qu'il serait « très bientôt » de retour au Venezuela. « Nous allons parcourir tout le pays (…) nous allons embrasser le peuple, nous allons construire cette force dans un grand accord pour la démocratie et la liberté. »
La plateforme unitaire appelle également à la libération de tous les prisonniers politiques, à la cessation des persécutions et au démantèlement « de l’appareil répressif » et à des conditions pour le retour en toute sécurité des exilés.
Par ailleurs, ce dimanche, l'avocat du travail Edwin Sambrano a été arrêté « pour des raisons politiques » par les autorités policières de l'État de Táchira (sud-ouest du Venezuela), selon l'organisation à laquelle il appartient.