Le Congrès national a aggravé la crise institutionnelle en limogeant quatre hauts responsables des organes électoraux du pays, portant à huit le nombre de fonctionnaires licenciés de leurs fonctions à la suite de procès politiques ces derniers jours, au milieu d'un environnement de tension politique croissante et de questions sur l'utilisation de ce mécanisme constitutionnel.
Avec 88 voix pour, les législateurs ont approuvé la destitution du conseiller du Conseil National Électoral (CNE), Marlon Ochoa ; le magistrat du Tribunal de Justice Électorale (CJCE), Mario Morazán ; et les suppléants Lourdes Mejía et Gabriel Gutiérrez, dans une décision qui s'ajoute à d'autres résolutions récentes adoptées par la séance plénière législative dans le cadre de processus similaires.
La séance a repris avec la lecture du rapport de mise en accusation, qui recommandait la séparation des responsables désignés.
Le document présentait des arguments liés à des irrégularités présumées dans l'exercice de leurs fonctions, ainsi que des questions sur leur performance administrative et les décisions adoptées dans l'exercice de leurs fonctions, aspects qui ont généré des positions divisées entre les différents groupes du Congrès national.
Dans un environnement marqué par des manifestations au rez-de-chaussée du Parlement, le président du Congrès national, Tomás Zambrano, a accordé un délai de 30 minutes au juge Mario Morazán pour comparaître devant la séance plénière, qui a finalement eu lieu vers 16 heures de l'après-midi.
Sa présence a donné lieu à un interrogatoire de députés de diverses forces politiques, dont Jorge Cálix (PLH), Mario Pérez (PNH) et Ronald Panchamé (LIBRE), dans un échange qui a montré la polarisation autour du processus et les différentes lectures sur la légalité et la pertinence des licenciements.

Sur le coup de minuit, la séance plénière a approuvé la révocation des quatre responsables par deux votes consécutifs. Avec cette décision, le Congrès national compte désormais huit responsables séparés par impeachment en peu de temps, ce qui a intensifié le débat public sur la fréquence, la portée et les implications institutionnelles de ce mécanisme de contrôle politique.
Pour rappel, les jours précédents, le Parlement avait déjà promu d'autres procédures de destitution contre différents fonctionnaires de l'État, qui ont également conduit à des licenciements, générant un scénario de reconfiguration accélérée de plusieurs institutions publiques clés.
Ces actions ont été interprétées par différents secteurs comme faisant partie d’une dynamique politique plus large qui impacte directement la stabilité de l’appareil d’État, notamment dans les organisations liées au système électoral.

Désormais, le législateur doit nommer une commission spéciale chargée de proposer des remplaçants qui combleront les postes vacants au CNE et au TJE.
Ce processus se déroulera dans un contexte de surveillance citoyenne croissante, d'attentes de transparence dans la sélection des nouvelles autorités et d'un environnement politique marqué par la confrontation, alors que des questions persistent sur la stabilité institutionnelle du système électoral au Honduras.
Suite à leur licenciement, les différents responsables ont déclaré leur désaccord avec le processus, remettant en question la légalité du procès en impeachment et soulignant d'éventuelles motivations politiques derrière la décision, en plus d'annoncer qu'ils analyseraient les actions juridiques correspondantes.