Trois policiers et un militaire ont été arrêtés pour participation présumée à un réseau de trafic d'armes dans le sud de l'Équateur

Quatre hommes – trois policiers en service actif et un militaire en service passif – ont été arrêtés en Équateur pour leur participation présumée à un réseau de trafic d'armes qui opérait dans le canton de Ponce Enríquez, province d'Azuay, dans une affaire qui met une fois de plus en évidence la pénétration du crime organisé dans les structures de sécurité de l'État.

L'arrestation a eu lieu lors d'une opération de la police nationale dans le secteur de Bella Rica, une zone montagneuse de ce canton, où ont été perquisitionnées au moins deux propriétés qui, selon les autorités, servaient de centres de collecte d'armes destinées à des activités criminelles.

Trois fusils, un lance-grenades, des gilets pare-balles, des radios de communication et des munitions ont été saisis sur place, un arsenal qui, selon les informations officielles, aurait été utilisé dans des délits tels que l'extorsion, les vols et les assassinats à forfait.

Le ministre de l'Intérieur, John Reimberg, a annoncé par ses voies officielles que les détenus seraient des membres présumés d'une structure criminelle connue sous le nom de « Los Lobos Sao Box », une faction associée à Los Lobos, considérée aujourd'hui comme l'une des organisations criminelles les plus importantes et les plus violentes du pays.

La police a trouvé plusieurs armes et munitions.

Les arrestations ont été effectuées en flagrant délit, ce qui implique que les suspects ont été capturés alors qu'ils étaient censés commettre le crime ou dans des circonstances qui les lient directement à l'activité illicite. Après leur arrestation, ils ont été placés sous les ordres de l'autorité compétente pour entamer la procédure judiciaire correspondante.

Cette affaire survient dans un contexte d’inquiétude croissante quant à l’infiltration du crime organisé dans les institutions de l’État, notamment les forces de sécurité. Ces dernières années, l’Équateur a connu une détérioration soutenue de ses indicateurs de violence, largement liée au trafic de drogue et aux conflits territoriaux entre bandes criminelles.

Depuis janvier 2024, le pays est sous la déclaration de « conflit armé interne », un chiffre adopté par le gouvernement du président Daniel Noboa pour intensifier la lutte contre les organisations criminelles, qu'il a qualifiées de « terroristes ». Cette stratégie a impliqué le déploiement conjoint des Forces armées et de la Police nationale dans des opérations de sécurité au niveau national.

Cependant, des épisodes comme celui enregistré dans Ponce Enríquez montrent que le défi ne se limite pas à l'action de groupes externes, mais implique également des risques internes liés à la corruption, à la cooptation ou à la collaboration d'agents de l'État avec des structures criminelles.

Le canton de Ponce Enríquez, situé dans une zone stratégique du sud du pays, a été identifié à plusieurs reprises comme un point sensible en raison de son activité minière, dans de nombreux cas informelle ou illégale, et de son lien avec les routes utilisées par le trafic de drogue et d'armes. Ces conditions en font un territoire d’intérêt pour les organisations criminelles qui cherchent à contrôler les économies illicites et les corridors logistiques.

Il est présumé que les détenus font partie de Sao Box, lié à Los Lobos.

La saisie d’armes à usage militaire, telles que des fusils et un lance-grenades, renforce l’hypothèse selon laquelle ces réseaux opèrent non seulement dans le cadre d’activités discrètes, mais sont également équipés pour soutenir des niveaux élevés de violence, similaires à ceux observés dans les scénarios de criminalité transnationale organisée.

Selon les chiffres officiels, l'Équateur a clôturé l'année 2025 avec plus de 9 200 homicides, le record le plus élevé de son histoire, ce qui a conduit le gouvernement à annoncer une « nouvelle phase » dans sa stratégie de sécurité, en mettant l'accent sur des opérations plus agressives contre les structures criminelles et avec le soutien international, notamment des États-Unis.

Dans ce contexte, l'arrestation de membres actifs de la Police nationale et d'un ancien membre des Forces armées soulève des questions sur les mécanismes de contrôle interne, les processus d'épuration institutionnelle et la nécessité de renforcer les systèmes de renseignement et de contre-espionnage.

Les autorités n'ont pas précisé jusqu'à présent si davantage de personnes sont impliquées dans ce réseau ni quelle est l'étendue de ses opérations. Il n’a pas non plus été indiqué si les armes saisies étaient destinées à un groupe spécifique ou si elles faisaient partie d’une chaîne d’approvisionnement plus large.