La Commission des droits de l'homme du parti Vente Venezuela (VV), dirigé par María Corina Machado, a dénoncé jeudi qu'Alexis Guedez et Luz María Rodríguez, membres de la société civile de l'État de Lara (ouest), ont été arrêtées lundi dernier par des « responsables du Groupe d'opérations spéciales (GOES) ».
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VV a souligné que cette action « fait partie de la vague répressive » déclenchée ces derniers jours, au cours de laquelle, a-t-il ajouté, plus de 10 arrestations arbitraires ont été « générées » dans les États de Lara, Anzoátegui (est), Guárico (centre) et La Guaira (nord).
Il a donc exigé la « cessation de la persécution » et a alerté la communauté internationale sur l’arrestation de « Vénézuéliens innocents pour le simple fait de penser différemment ».
L'ONG vénézuélienne Foro Penal a envoyé une lettre au pape Léon XIV, publiée jeudi, dans laquelle elle demande son « intervention » pour promouvoir la libération des prisonniers politiques dans le pays sud-américain.
L'organisation a expliqué, dans un communiqué dans lequel elle a publié la lettre, qu'il y a actuellement 845 personnes détenues pour des raisons politiques, dont 742 hommes et 103 femmes. Sur ce total, 841 sont majeurs et 4 mineurs.
De même, 689 des 845 prisonniers politiques restent arrêtés sans condamnation, dont beaucoup « en détention préventive prolongée, en violation de la loi et du droit international ».
« Par ailleurs, 37 personnes sont en situation de disparition forcée, ce qui constitue une grave violation des droits de l'homme », a-t-il relevé.
Le Forum pénal a lancé cet appel au pape Léon XIV à la veille de la canonisation du docteur José Gregorio Hernández et de la religieuse Carmen Rendiles, le 19 octobre.
Pour l'organisation, ce fait représente « une opportunité d'inspirer la foi, la réconciliation, le pardon et la liberté, valeurs essentielles pour la paix au Venezuela ».
« Avec cette demande, nous demandons au pape Léon XIV d'accompagner cette cérémonie historique d'un message de paix, de justice et de liberté. Nous voulons que chaque Vénézuélien puisse vivre ce moment de foi avec un cœur libre et sans peur », a déclaré le vice-président de l'ONG, Gonzalo Himiob.
Le 11 octobre, une trentaine de Vénézuéliens, pour la plupart des proches de prisonniers politiques et des militants des droits de l'homme, ont prié sur une place de Caracas leurs deux prochains saints, dans le cadre d'une campagne visant à la libération des prisonniers politiques du pays.
La semaine dernière, la Conférence épiscopale vénézuélienne (CEV) a publié une déclaration dans laquelle elle considère la canonisation des deux bienheureux comme « une occasion favorable pour que les autorités de l'État dictent des mesures de grâce qui permettent aux personnes emprisonnées pour des raisons politiques de recouvrer la liberté ».
De leur côté, le régime de Nicolas Maduro et le bureau du procureur général nient l'existence de prisonniers politiques dans le pays et insistent sur le fait que ces citoyens sont détenus pour avoir commis divers délits.