L'organisation non gouvernementale VEsinFiltro, basée au Venezuela, a qualifié de « nouveau mécanisme de surveillance » l'application que le dictateur Nicolas Maduro a demandé de créer pour que, selon ses propres termes, la population rapporte « tout ce qu'elle voit, tout ce qu'elle entend » 24 heures sur 24.
Dans un communiqué publié ce mercredi, VEsinFiltro s'est dit préoccupé par « les intentions persistantes du gouvernement de Nicolas Maduro de promouvoir la dénonciation comme formule de persécution, de censure et de contrôle social ».
Le document prévient que « cette initiative représente un risque sérieux pour la vie privée, la liberté d'expression et l'intégrité des personnes, en promouvant un système de surveillance sociale et la militarisation du contrôle citoyen ».
En outre, il souligne que « ce n’est pas la première fois que le gouvernement utilise des applications sous son contrôle à des fins de surveillance et de répression ».
À la suite des élections présidentielles du 28 juillet 2024, Maduro a annoncé une nouvelle fonctionnalité dans l’application gouvernementale VenApp pour « dénoncer ceux qui ont protesté contre les résultats annoncés », qui ont donné la victoire au leader chaviste. Cette mesure a provoqué des manifestations massives après que la principale coalition d'opposition a dénoncé une fraude électorale.
VenApp est un réseau social créé en 2022 destiné à recevoir des plaintes concernant des problèmes quotidiens dans les communautés, comme les carences des services publics.
Selon l'ONG, « en réponse à son utilisation pour dénoncer et persécuter les citoyens, les magasins Google (Play Store) et Apple (App Store) ont supprimé l'application. VenApp est actuellement utilisé principalement via son site Web et on ne sait pas si le gouvernement tentera de publier une nouvelle application ».
Maduro a demandé lundi le développement d'une application avec la participation des Forces armées nationales bolivariennes, des unités de milice communale et des bases populaires de défense intégrale.
Pour VEsinFiltro, une application « contrôlée par des structures militaires ou milices ne peut être considérée comme un outil de participation, mais plutôt un instrument de surveillance ».
La proposition de Maduro surgit dans un contexte de tensions croissantes avec les États-Unis, un pays qui maintient un déploiement naval dans la mer des Caraïbes, près de la côte vénézuélienne, sous prétexte de lutter contre le trafic de drogue.