Bolsonaro est retourné en salle d'opération pour une deuxième intervention chirurgicale pour traiter le hoquet chronique

L'ancien président du Brésil Jair Bolsonaro, condamné à 24 ans et trois mois de prison pour complot putschiste, est de nouveau entré en salle d'opération ce lundi pour subir une deuxième intervention chirurgicale visant à mettre fin aux accès de hoquet persistants dont il souffre depuis des mois, selon son épouse, Michelle Bolsonaro.

La nouvelle intervention chirurgicale implique un bloc anesthésique du nerf phrénique du côté gauche, après qu'une procédure similaire réalisée samedi du côté droit n'ait pas permis d'obtenir des résultats durables. Selon l'équipe médicale de l'hôpital privé DF Star, le hoquet chronique résiste aux traitements pharmacologiques conventionnels.

Michelle Bolsonaro a souligné sur les réseaux sociaux que l'intervention vise à évaluer si le bloc nerveux bilatéral permet de contrôler les contractions involontaires, qui ont affecté le repos et la stabilité clinique de l'ancien président ces dernières semaines.

Les médecins ont indiqué que cette affection pourrait être liée aux conséquences de l'attaque au couteau subie par Bolsonaro en septembre 2018, lors de la campagne présidentielle. Depuis, l’ancien chef de l’État a subi de multiples opérations chirurgicales abdominales et des hospitalisations récurrentes, selon les déclarations médicales.

Dimanche, Bolsonaro est resté « stable et sans hoquet », selon le dernier bulletin clinique publié par l'hôpital, tout en continuant à suivre des soins postopératoires suite à une opération bilatérale de hernie inguinale pratiquée le jour de Noël. Cette intervention a conduit à son départ temporaire, avec autorisation judiciaire, du quartier général de la police fédérale de Brasilia.

L'ancien président était entré au centre médical le 24 décembre après avoir quitté les locaux de la police où il purge sa peine. Les autorités pénitentiaires ont indiqué que l'hospitalisation s'inscrit dans le cadre d'un régime de détention spécial prévu pour les cas de traitement médical prolongé.

L'ancien président brésilien Jair Bolsonaro

Bolsonaro a gouverné le Brésil entre 2019 et 2022 et a été reconnu coupable d'avoir mené un complot visant à empêcher l'investiture du président élu Luiz Inácio Lula da Silva, après avoir perdu les élections d'octobre 2022. La décision du tribunal a considéré qu'il était prouvé que le président de l'époque avait promu des actions visant à ignorer le résultat électoral et à favoriser une rupture institutionnelle.

Cette décision fait partie des enquêtes ouvertes après l'assaut contre le siège des trois pouvoirs du gouvernement à Brasilia, survenu en janvier 2023, lorsque des partisans radicalisés du bolsonarisme ont attaqué le Congrès, la Cour suprême fédérale et le palais du Planalto. Les enquêtes judiciaires ont lié ces événements à une précédente stratégie de délégitimation du processus électoral.

En plus de la peine de prison, la justice brésilienne a interdit à Bolsonaro de se présenter à des fonctions publiques jusqu'en 2060, une sanction qui l'exclut de la scène politique pour les prochaines décennies et constitue un précédent dans l'histoire démocratique récente du pays.

Sur le plan médical, des spécialistes consultés par les médias brésiliens ont souligné que le hoquet persistant, bien que peu fréquent, peut être associé à des lésions neurologiques ou à des irritations du nerf phrénique, notamment chez les patients ayant des antécédents de chirurgies abdominales complexes.

L'hôpital DF Star a indiqué que Bolsonaro continuerait à être hospitalisé pendant au moins une semaine supplémentaire, sous observation, pour évaluer l'évolution après la deuxième intervention et exclure d'autres complications. Son état général est jugé stable.

La combinaison de la détérioration de sa santé et de l’avancée des affaires judiciaires éloigne l’ancien président du débat public, à l’heure où le bolsonarisme connaît une reconfiguration interne et fait face au défi de se réorganiser sans sa principale référence politique.