La police uruguayenne a découvert de la marijuana dans un faux dentifrice envoyé au trafiquant de drogue Luis Fernández Albín, qui se plaint de « torture psychologique »

L'extradition du trafiquant de drogue Luis Fernando Fernández Albín de l'Argentine vers l'Uruguay a nécessité une intense opération policière. Le lendemain de son arrivée, il a dû comparaître devant la Cour, qui a défini l'accuser de contrebande, de blanchiment d'argent et de trafic de drogue. Tandis que l'enquête progresse, l'accusé est en détention préventive dans une prison dont les conditions ne le satisfont pas : il affirme y subir une « torture psychologique ».

Comme le rapporte ce mardi le journal Le paysFernández Albín a présenté, par l'intermédiaire de ses avocats, une requête en habeas corpus dans laquelle il remet en question les conditions de sa détention. Dans la lettre, il assure qu'il souffre d'un isolement prolongé inutile, en plus de la torture psychologique et des menaces de la part des policiers qui le soignent quotidiennement.

Dans le recours présenté, qui sert à dénoncer les conditions de détention, il déclare qu'il est toujours incarcéré au Centre de diagnostic et de référence de la prison centrale, au centre de Montevideo. Dans ce lieu, le profil des détenus doit être étudié puis envoyé à la prison la plus appropriée pour eux.

Le trafiquant de drogue Luis Fernández Albín

L'écrit, cité par ce journal uruguayen, dénonce une « violation des droits constitutionnels dérivés de la dignité humaine », tels que l'intégrité, la sécurité, la santé, la vie et la famille. Par ailleurs, les défenseurs du narcotrafiquant soulignent qu'une « situation d'aggravation illégitime des conditions de détention » se dessine.

« Il manque une base logique et criminologique, étant donné que M. Fernández Albín n'est pas un détenu principal ni un inconnu du système », affirment les avocats dans une autre section du recours présenté. Ils font référence au fait que leur client a un historique de 16 ans de détention dans le système pénitentiaire et qu’il n’a eu « aucun délit grave ni problème relationnel ».

Par ailleurs, ils remettent également en question « l’isolement matériel et communicationnel » dont souffre l’accusé. Fernández Albín en prison ne peut pas recevoir de visites familiales ni recevoir de colis alimentaires qui complètent un régime alimentaire qu'il qualifie de « insuffisant et inadéquat ».

Le trafiquant de drogue Luis Fernández Albín arrive en Uruguay au milieu d'une forte opération de sécurité après avoir été extradé d'Argentine (Ministère de l'Intérieur)

Fernández Albín, enfin, rapporte qu'il fait l'objet de menaces de la part de policiers qui l'ont prévenu que toute réaction mettrait en danger son intégrité. Dans le document présenté, il met en garde contre « des intimidations illégitimes et des tortures psychologiques ».

La défense souhaite que l'accusé soit transféré dans une prison où il sera assuré de coexister avec ses pairs.

Mais que dit-on au ministère de l’Intérieur ? Selon la réponse rapportée par Le paysce secrétaire d'État a répondu qu'il était envisagé que les criminels répondant aux caractéristiques de Fernández Albín puissent être détenus dans le lieu où se trouve actuellement le trafiquant de drogue.

Le ministère a procédé à une analyse du profil de risque de Fernández Albín, qui a confirmé qu'il répond à ces caractéristiques et a assuré que ses « droits humains » étaient respectés. « Ce n'est pas un criminel de plus », a répondu le secrétaire d'État. Ils ont également soutenu que l'accusé recevait la même nourriture que le reste des prisonniers. En outre, ses avocats ont pu lui rendre visite au moins trois fois.

Un épisode particulier avec Fernández Albín s'est produit à l'approche de Noël. Ce jour-là, une personne est arrivée au lieu où elle est retenue avec un colis qu'elle souhaitait lui livrer. À l’intérieur se trouvait une bouteille de dentifrice contenant de la marijuana.

Le saisie de deux tonnes de drogue C'est ce qui a permis aux autorités de trouver le plus de preuves pour demander formellement à l'Argentine son arrestation. C'est dans une ferme précaire que la police a trouvé sous le sable près de deux tonnes de cocaïne prêtes à être placées sur un bateau, qui rejoindrait un navire en haute mer et aurait l'Europe pour destination finale. La cargaison trouvée est évaluée à 13 millions de dollars sur le marché intérieur, mais ce chiffre est plus élevé si l'on considère qu'elle était destinée au marché européen. Là, il serait évalué à environ 60 millions de dollars.