La Cour suprême du Brésil ouvre une enquête contre Flávio Bolsonaro pour avoir lié Lula au trafic de drogue

La Cour suprême fédérale du Brésil a ouvert ce mercredi une enquête pénale contre le sénateur Flávio Bolsonaro, principal candidat de l'opposition aux élections présidentielles d'octobre, pour avoir publié sur le réseau social. La décision, signée le 13 avril par le juge Alexandre de Moraes et publiée ce mercredi, ordonne à la police fédérale de rechercher si le sénateur a commis le délit de diffamation prévu par le Code pénal brésilien.

La publication à l'origine du dossier date du 3 janvier 2026, quelques jours après la capture de Nicolas Maduro par les forces américaines à Caracas. Dans ce document, Flávio Bolsonaro juxtapose des images du président brésilien et de Maduro à côté du texte « Lula sera révélé. C'est la fin du Forum de São Paulo : trafic international de drogue et d'armes, blanchiment d'argent, soutien aux terroristes et aux dictatures, élections frauduleuses ». La Police fédérale a fait remarquer à la Cour suprême que la mention de la « dénonciation accordée » – accord de collaboration criminelle avec la justice – impliquait une imputation directe de comportement criminel à l'encontre du chef de l'État. Maduro est emprisonné à New York, où il fait face à des accusations de trafic de drogue devant la justice américaine.

La résolution a été enregistrée dans le dossier Pétition 15.648 et a déterminé, outre le début du résumé, la levée du secret du résumé. Moraes a souligné que la publication a été réalisée « dans un environnement virtuel public, accessible à des milliers de personnes ». L'enquête a reçu le soutien du ministère de la Justice et l'aval du bureau du procureur général, qui a considéré que le contenu attribuait de manière « publique et humiliante » des actes criminels au président. La police fédérale dispose d'un délai de 60 jours pour mener à bien les procédures initiales, après quoi le parquet général décidera s'il souhaite déposer lui-même une accusation formelle devant la Cour suprême ou demander le classement de l'affaire.

PHOTO DE DOSSIER : Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva lors d'une réunion ministérielle au palais du Planalto à Brasilia, Brésil, le 31 mars 2026. REUTERS/Adriano Machado/File

Flávio Bolsonaro a répondu par une déclaration dans laquelle il a qualifié la mesure de « juridiquement fragile » et a déclaré que sa publication avait pour but de « rendre compte des faits sans porter d'accusations pénales directes » contre Lula. Le sénateur a prévenu qu'il ne céderait pas « à l'intimidation ni au recours à la police et à l'appareil judiciaire pour faire taire l'opposition » et a exigé que le gouvernement de Lula « explique ses relations avec la dictature vénézuélienne ».

L'ouverture du résumé intervient au moment le plus tendu politiquement depuis que Flávio Bolsonaro, 44 ​​ans, est devenu une figure dominante de la droite brésilienne après avoir été désigné héritier politique par son père sorti de prison. Selon le sondage Genial/Quaest publié ce mercredi, le sénateur obtiendrait 42% d'intentions de vote lors d'un éventuel second tour contre 40% pour Lula, un résultat dans la marge d'erreur statistique qui constitue une égalité technique. Lula, 80 ans, aspire à un quatrième mandat ; Aucun des deux candidats n'a été officialisé.

L'épisode s'inscrit dans la tension prolongée entre le Tribunal suprême fédéral et l'entourage de l'ancien président Jair Bolsonaro, condamné en septembre 2025 à 27 ans de prison pour complot en vue de se maintenir au pouvoir après sa défaite électorale en 2022. L'ancien président purge actuellement sa peine en résidence surveillée à Brasilia, une situation autorisée par Moraes pour des raisons de santé.