Le produit intérieur brut par habitant du Nicaragua continue d'être le plus bas d'Amérique centrale, un fait qui montre l'écart de bien-être économique dans la région malgré cinq années consécutives de croissance du PIB, selon le rapport présenté par le Centre d'études transdisciplinaires d'Amérique centrale, un groupe de réflexion régional (Cetcam), publié jeudi au Costa Rica.
L'analyse, préparée par Marco Aurelio Peña, un économiste nicaraguayen exilé, souligne que la croissance macroéconomique du pays ne se traduit pas par une amélioration du niveau de vie de la majorité de sa population.
L'étude de Peña, intitulée Économie des troubles : troubles économiques et environnement institutionnel médiocre dans le contexte autocratique au Nicaragua (2023-2025)intègre des chiffres comparatifs : la projection pour 2025 indique que le revenu par habitant au Nicaragua sera 6,7 fois inférieur à celui du Panama et 1,2 fois inférieur à celui du Honduras, le pays ayant la deuxième position la plus basse de l'isthme.
Ce désavantage est confirmé par le bilan actualisé : le Nicaragua présente un revenu par habitant de 2 953 dollars, un chiffre très loin de celui du Panama (19 802 dollars) et du Costa Rica (19 104 dollars), principaux pays de la région.
La croissance de l'économie nicaraguayenne a été de 4,9% en 2025 par rapport à 2024, selon les données de la Banque centrale du Nicaragua, et a représenté la cinquième année consécutive d'augmentation après trois années précédentes de contraction. Peña décrit ce processus comme « la macroéconomie du mirage » : même si les indices nationaux s'améliorent, la stabilité ne se fait pas sentir dans la vie quotidienne de la population.

La combinaison d’un faible revenu par habitant, d’une dépendance structurelle aux envois de fonds et d’un salaire minimum qui ne couvre pas le coût de la vie place le Nicaragua dans une situation de vulnérabilité économique dans le contexte centraméricain, malgré les signes de reprise des grands agrégats macroéconomiques.