Le processus d'évaluation auquel le Panama sera confronté avant le cinquième cycle d'évaluations mutuelles du Groupe d'action financière (GAFI) exigera que le pays non seulement se conforme aux réglementations en vigueur, mais qu'il démontre également, avec des preuves fiables, l'efficacité de son système de prévention et de contrôle des délits financiers.
La nouvelle approche souligne que le Panama présente des statistiques, des résultats et des preuves clairs sur le fonctionnement de ses mécanismes de surveillance, de renseignement financier, d'enquête et de recouvrement d'avoirs.
C'est ce qu'a souligné Isabel Vecchio Arófulo, qui assure la présidence pro tempore de Gafilat et est secrétaire technique de la Commission nationale de lutte contre le blanchiment d'argent du ministère de l'Économie et des Finances.
En pratique, l'évaluation mutuelle fonctionne comme un examen international au cours duquel des spécialistes de différentes juridictions examinent à la fois le respect formel des 40 recommandations du GAFI et la capacité réelle des institutions panaméennes à identifier, prévenir, enquêter et sanctionner le blanchiment d'argent, le financement du terrorisme et la prolifération.
Le Panama doit démontrer aux évaluateurs que ses contrôles ne sont pas de simples procédures réglementaires, mais qu'ils produisent plutôt des résultats tangibles et s'adaptent aux risques les plus pertinents du système financier national.

Ce défi devient, selon les autorités, une opportunité de revoir et de renforcer les mécanismes institutionnels, d'optimiser les poursuites contre les délits financiers et de progresser dans l'alignement sur les normes mondiales du GAFI.
Le Cinquième Cycle introduit des modifications substantielles dans la manière d'évaluer les systèmes anti-blanchiment de chaque pays.
Parmi les changements les plus notables, on note l'évaluation indépendante des secteurs financier et non financier, ainsi qu'un regain d'intérêt pour des questions telles que les actifs virtuels, la transparence de la propriété des entreprises, le contrôle des organisations à but non lucratif et le recouvrement efficace des actifs.
Selon Vecchio, ces éléments obligeront tous les acteurs du système national – des organisations publiques aux entreprises et à la société civile – à coordonner leurs efforts et à préparer des réponses globales.
L'évaluation, a-t-il souligné, correspond à l'ensemble de l'État panaméen et non à une administration spécifique, c'est pourquoi la collaboration interinstitutionnelle et le consensus avec le secteur privé et les organisations sociales sont essentiels.

Les aspects clés de l'évaluation comprennent l'identification des risques, la transparence et l'accès aux informations sur les véritables propriétaires des entreprises, la supervision basée sur les risques, les renseignements financiers, la coopération internationale et le recouvrement d'avoirs. Un point sensible est la nécessité de savoir qui contrôle réellement les entreprises et autres structures juridiques.
En ce sens, le Panama a lancé le Registre unique des bénéficiaires finaux et renforcé la surveillance des acteurs non financiers, tels que les avocats et les sociétés immobilières, en plus de mettre à jour son évaluation nationale des risques pour ces secteurs en 2025.
Des outils spécifiques ont également été conçus pour surveiller les organisations à but non lucratif, dans le but de réduire le risque qu'elles soient utilisées pour canaliser des fonds vers le terrorisme.
Les autorités devront désormais prouver que toutes ces informations sont exactes, à jour et disponibles en temps opportun pour les enquêtes.

En juillet, le Groupe d’action financière latino-américain (Gafilat) a formellement adopté les nouvelles lignes directrices et procédures du Cinquième Cycle, alignées sur la méthodologie internationale et visant à renforcer l’efficacité des systèmes anti-blanchiment grâce à des critères actualisés axés sur les résultats.
L'organisation régionale a également approuvé des instruments clés, notamment la Première évaluation régionale des risques de financement de la prolifération, qui constitue un diagnostic pionnier en Amérique latine et servira de base pour renforcer les politiques publiques, les stratégies d'atténuation et la coopération internationale.
D'autre part, l'intelligence artificielle a été érigée en axe stratégique permanent, définissant une feuille de route régionale pour réaliser des études spécialisées et analyser l'impact de cette technologie tant sur la prévention que sur la surveillance des opérations illicites.
Les bénéfices que l’intelligence artificielle peut apporter à la détection et au contrôle seront évalués, ainsi que les risques liés à son éventuelle utilisation par des réseaux criminels.
La révision et le renforcement de ces systèmes permettront au Panama et à la région d'évoluer vers une plus grande transparence et efficacité dans la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, consolidant ainsi la confiance internationale dans leurs cadres réglementaires.