Un attrape-rêves non conventionnel s’est démarqué dans la salle d’exposition de l’exposition annuelle de gravure et d’estampe qui a eu lieu à l’Université du Costa Rica (UCR) en octobre. Des masques enveloppés de chiffres qui répondent au concept artistique sont retenus sur sa structure, explique-t-il au La Brigade Schoolbus King Mng, co-auteur de la pièce.
Cet artiste nicaraguayen est étudiant en anthropologie et réside au Costa Rica, où il a travaillé sur l’œuvre intitulée « Dreams of Freedom », avec laquelle ils ont cherché – explique-t-il – à conceptualiser la perte humaine pendant la pandémie de COVID-19, mais en même temps la perte de rêves pour cette raison même, en particulier des migrants qui ont été séparés par le virus.
Concernant les chiffres imprimés sur les masques, il indique qu’ils signifient « les chiffres que nous sommes en tant que migrants, des chiffres qui sont parfois invisibles ».
Il dit qu’ils utilisaient l’attrape-rêves, qui est composé d’un cerceau en bois de saule et d’un filet à l’intérieur décoré de divers objets, et est basé sur le mythe de la culture Ojibwa, du sud du Canada, où la croyance que les rêves des gens sont filtré à travers ces objets, ne laissant passer que des visions positives.
De ce point de vue, les artistes assurent qu’ils ont voulu apporter le concept à la pandémie « à cause des rêves qui nous ont tous touchés ».
« Le concept va au-delà de ces tissus. Nous voulons faire un atelier où nous voulons apporter ces questions : Quels rêves et quelles personnes avons-nous perdus pendant la pandémie ? », explique l’artiste de 30 ans, né à Managua.
À Managua, Rey Mng a étudié les arts plastiques. Il a interrompu sa carrière alors qu’il était dans sa quatrième année pour quitter le pays en 2018. « C’était un espace cool (bien), j’ai beaucoup appris de mes professeurs, camarades de classe », dit-il.
Il a ensuite émigré au Costa Rica, où il a commencé à étudier à la Casa del Artista et a ensuite postulé pour une bourse à l’UCR, où il est actuellement en deuxième année d’anthropologie.
Pour survivre au Costa Rica, Rey Mng vend des tableaux qu’il peint pendant son temps libre, réalise des fresques commerciales et tire des revenus de son travail dans un atelier de sérigraphie.
Comment exprimer la migration ?
Cet étudiant en anthropologie admet qu’il a canalisé à travers l’art ce que l’émigration signifie dans sa vie. Par exemple, il travaille calmement sur un tableau qu’il garde dans sa chambre et sur lequel il revient chaque fois qu’il a des souvenirs du Nicaragua.
« Ce tableau au dos de mon bureau porte ce processus, le thème de l’exil. Je l’ai commencé il y a deux ans (…) les idées me reviennent », raconte-t-il.
Il conclut sur ses inspirations : « C’est une question d’influence, elles sont importantes au sens culturel, j’aime la façon dont les indigènes d’Amérique, les Aztèques, ont dessiné, ils sont une source d’inspiration pour moi, d’autres sources, des gens qui ont travaillé sur ces questions telles que (Ferdinand) Szyszloalors on est influencé par des peintres que l’on admire, voire par ses professeurs ».