Au moins 17 pays ont envoyé des équipes de secours et une aide médicale dans le nord du Venezuela après les deux puissants tremblements de terre

Au moins 17 pays ont envoyé des équipes de secours et une aide médicale pour collaborer à la recherche des survivants et faire face à l'urgence humanitaire qui a frappé le Venezuela. Le bilan officiel des morts s'élève à 920, comme l'a récemment annoncé Jorge Rodríguez, président de l'Assemblée nationale du Venezuela.

Les dégâts se sont concentrés dans l’État de La Guaira, où des dizaines de bâtiments se sont effondrés et des centaines de maisons sont devenues inhabitables. Le double séisme, de magnitudes 7,2 et 7,5, a frappé mercredi après-midi et fait plus de 3 300 blessés en quelques minutes.

Dès les premières heures qui ont suivi la catastrophe, le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a coordonné l'arrivée des équipes internationales.

« Acheminer ces équipes de recherche et de sauvetage sur place est la priorité absolue », a déclaré l'agence, qui a confirmé la mobilisation d'unités spécialisées du Chili, de Colombie, du Salvador, d'Italie, du Mexique, de Suisse et des États-Unis, entre autres pays. Le Royaume-Uni, la République tchèque, l'Équateur, la France, l'Allemagne, la Jordanie, les Pays-Bas, le Qatar et l'Espagne ont également annoncé l'envoi de contingents supplémentaires.

Au total, 25 équipes internationales ont été déployées, dont 17 dédiées à la recherche et au sauvetage en milieu urbain, tandis que le reste faisait partie de groupes d'intervention médicale d'urgence, totalisant près d'un millier de personnel spécialisé.

Des équipes internationales travaillent contre la montre au Venezuela pour retrouver les survivants dans les décombres des tremblements de terre (AFP)

Jens Laerke, porte-parole d'OCHA, a qualifié la situation de « vraiment terrifiante », tout en soulignant la rapidité et l'ampleur de la mobilisation mondiale : « Ce à quoi nous assistons actuellement est également une mobilisation internationale à son meilleur. L'ensemble du système humanitaire évolue très rapidement et à grande échelle ».

L’urgence de l’opération s’est reflétée dans les propos de Ciro Ugarte, directeur des urgences de l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS), qui a souligné l’importance des 72 heures qui ont suivi la catastrophe : « La priorité absolue est de secourir le plus grand nombre possible de personnes, tout en fournissant d’urgence des soins de santé vitaux aux blessés ».

L'arrivée d'unités spécialisées permet d'intensifier les efforts de secours à La Guaira et dans d'autres régions (AFP)

Ugarte a décrit la pression exercée sur un système de santé déjà fragile, alors que plus de 15 ministères de la Santé de la région ont engagé des ressources et du personnel pour aider à faire face à l'urgence. « Les hôpitaux traitent des blessures telles que des fractures et des traumatismes crâniens, mais nous observons également des brûlures et d'autres blessures résultant d'effondrements de bâtiments », a-t-il déclaré.

Par ailleurs, le Comité permanent interinstitutionnel, un forum qui rassemble les chefs d’organisations humanitaires des Nations Unies et d’autres organisations, a appelé à « un accès humanitaire rapide et sans entrave » pour atteindre les personnes touchées dans les zones les plus dévastées. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a inclus la gestion des nombreux blessés et les soins en traumatologie parmi les besoins immédiats, en particulier dans les secteurs où les bâtiments se sont effondrés.

De son côté, la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), considérée comme le plus grand réseau humanitaire au monde, a organisé l'acheminement des 17 premières tonnes d'aide humanitaire depuis son centre logistique de Panama. Le chargement comprenait des ustensiles de cuisine, des kits d'hygiène, des moustiquaires, des tentes et des couvertures, destinés aux populations déplacées et à celles qui ont perdu leur maison.

En outre, la FICR a alloué deux millions de francs suisses (2,5 millions de dollars) de son Fonds d'urgence pour les interventions en cas de catastrophe et a lancé un appel international pour collecter 50 millions de francs suisses (plus de 60 millions de dollars), dans le but d'aider 300 000 personnes par l'intermédiaire de la Croix-Rouge vénézuélienne.