Delcy Rodríguez a annoncé des négociations pour 44 accords pétroliers supplémentaires

La présidente en charge du Venezuela, Delcy Rodríguez, a déclaré jeudi que son gouvernement négociait 44 accords supplémentaires sur les questions pétrolières, sans préciser avec quels pays ni à quelles conditions. S'il était finalisé, le nombre total d'accords signés en moins d'un an s'élèverait à 105.

« En plus des 61 accords que (la compagnie pétrolière nationale) PDVSA a déjà signés, 44 sont en cours de négociation, soit un total de 105 accords (…) en moins d'un an », a déclaré la présidente lors de son discours à la réunion annuelle de l'association patronale vénézuélienne Fedecámaras.

Rodríguez a ajouté qu'il existe également 18 accords concernant l'exploitation minière, sans toutefois détailler leur contenu ni les acteurs impliqués.

Lors d'un forum ultérieur à Caracas, le responsable a précisé qu'au-delà du récent pacte binational avec les États-Unis, le Venezuela avait signé 61 accords avec différents pays dans les domaines du pétrole, du gaz et de la pétrochimie. Comme expliqué, le gouvernement prévoit de générer quelque 320 000 emplois directs, indirects et dérivés au cours des quatre prochaines années grâce à ce réseau d'accords.

Les ventes de pétrole du pays membre de l'Opep ont augmenté depuis que Caracas a conclu en janvier un premier accord pour fournir du pétrole brut et des carburants aux États-Unis et à d'autres destinations sous la supervision de Washington. Rodríguez a pris le pouvoir après la capture du président de l'époque, Nicolás Maduro, lors d'une opération américaine menée en janvier.

Les accords dans les secteurs du pétrole, du gaz et de la pétrochimie prévoient la création de 320 000 emplois directs et indirects sur une période de quatre ans. (EFE/Palais de Miraflores)

Rodríguez a souligné que la production pétrolière a enregistré une augmentation de 8% cette année, après avoir chuté en janvier à cause du « blocus » naval des États-Unis dans le cadre de leur déploiement militaire dans les Caraïbes. Le président n'a pas précisé le niveau actuel de l'indicateur, même si les derniers chiffres officiels le situent au-dessus de 1,2 million de barils par jour.

« Nous allons constater l'impact de la production pétrolière à partir de l'année prochaine », a déclaré Rodríguez. Dans ce sens, il a annoncé avoir demandé à son équipe économique de mettre en œuvre, à partir de 2027, un plan pour que les salaires soient supérieurs au produit intérieur brut (PIB), « afin que les travailleurs ressentent les bénéfices que tous ces accords apporteront ».

Selon les chiffres attribués par le responsable à la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), le Venezuela sera en tête de la croissance économique de la région pour la troisième année consécutive. Le troisième trimestre, après les tremblements de terre du 24 juin, laisse entrevoir une expansion de 6,5%, ce qui, selon Rodríguez, se traduit par une baisse de l'inflation et une réduction de l'écart de change : de 60% en janvier à 11,7% actuellement.

« Après le tremblement de terre, nous constatons déjà une croissance », a déclaré Rodríguez lors du forum tenu à Caracas, où il a souligné que l'activité économique continuait de se redresser malgré les deux tremblements de terre de juin.

La production pétrolière vénézuélienne a enregistré une augmentation de 8 % cette année, après avoir surmonté la baisse initiale observée en janvier. (EFE/Palais de Miraflores)

Le président en charge a estimé que le Venezuela recevra un financement public et privé de 12 milliards de dollars au cours des deux prochaines années, après la reprise des liens avec les organisations multilatérales. « Nous avons repris nos relations avec le Fonds monétaire international, avec la Banque mondiale, avec la Banque interaméricaine, avec la CAF, nous entretenons déjà des relations, mais nous estimons que dans les deux prochaines années, le Venezuela recevra un financement public et privé d'un montant estimé à 12 milliards de dollars », a-t-il expliqué aux hommes d'affaires réunis à Fedecámaras.

Rodríguez a également détaillé un plan visant à ajouter 1 300 mégawatts au système thermoélectrique national avant décembre. « Qu'est-ce que cela signifie ? Qu'il n'y a pas d'interruption du système électrique », a-t-il déclaré. À moyen terme, le gouvernement prévoit d'ajouter 7 400 mégawatts supplémentaires, sur la base d'accords avec les sociétés GE Vernova et Impsa, de l'accès aux pièces de rechange de Siemens et de la coopération avec la Chine.

Diverses régions du Venezuela sont confrontées quotidiennement à des coupures d'électricité, avec un impact sur l'approvisionnement en eau et les communications. Le gouvernement attribue ces interruptions aux sanctions américaines, qui, selon sa version, l'ont empêché d'acquérir des pièces détachées et des pièces de rechange, et au phénomène El Niño, qui augmente les températures et la consommation d'énergie.

Au cours de son discours, Rodríguez a exclu que la dollarisation, une mesure promue par certains secteurs politiques et économiques, résolve les problèmes structurels du pays. « Ce n'est pas la dollarisation qui va nous mener sur la voie de la croissance. Je maintiens et soutiens cela. La souveraineté monétaire est essentielle à la croissance économique », a-t-il déclaré.

Le responsable a ajouté que l'objectif du Gouvernement est de « consolider et renforcer la monnaie nationale, qui garantit les processus commerciaux, mais aussi financiers ».

Il y a sept ans, le Venezuela a assoupli le contrôle des prix et des changes qui affectait les entreprises, ce qui a permis une dollarisation informelle et a donné un répit au secteur privé. Les analystes ont toutefois souligné que ces mesures ne garantissaient pas une reprise complète de l’économie.