Justice, Rencontre et Pardon dénoncent le fait que les prisonniers politiques au Venezuela dépendent d'un « hasard incompréhensible »

L'organisation Justicia, Encuentro y Perdón (JEP) a dénoncé le fait que la récente libération de prisonniers politiques au Venezuela après les élections présidentielles du 28 juillet 2024 présente un caractère arbitraire et manque de critères juridiques clairs.

L'ONG a soutenu que ce processus de libération a été marqué par « l'opacité stratégique » et la sélection aléatoire, où le hasard, plutôt que le respect de la loi, détermine qui retrouve la liberté.

Fin 2025, la JEP prévenait que le régime avait annoncé la libération de 99 personnes sans publier de liste permettant d'identifier les bénéficiaires.

L'organisation a déclaré que 1 041

La JEP a comparé les chiffres officiels avec ses propres vérifications et a constaté que, par rapport aux 99 libérations signalées par Chavismo, elle n'a pu confirmer que 71 cas, parmi lesquels 28 correspondaient à des personnes arrêtées pour des raisons politiques dont l'ONG ignorait l'existence.

« Pour chaque groupe qui retrouve sa liberté, le processus de vérification met en lumière des arrestations pour lesquelles il n'existait aucune information, confirmant que l'ampleur de la crise des droits humains au Venezuela est une cible en constante évolution », a déclaré l'ONG.

Selon la JEP, le profil des personnes libérées correspond principalement à des personnes détenues dans le contexte post-électoral, en pleine crise provoquée par la dénonciation de fraude par la principale coalition d'opposition après la proclamation de la réélection de Nicolas Maduro.

Le message de l'ONG

L'organisation a précisé que, lors de ce tour, les cas historiques ont été exclus et que l'accent est resté sur ceux qui ont été arrêtés après des protestations contre le résultat électoral. Cela révèle, selon l'ONG, un schéma « discrétionnaire » lié au moment politique plutôt qu'à des motivations juridiques ou humanitaires.

Sur le plan humain, JEP a qualifié le traitement de ces libérations de « erratique » et a mis en garde contre l'impact psychologique sur ceux qui restent détenus et leurs familles. Selon l'ONG, le manque de clarté sur les critères de libération « a généré des dommages collatéraux dévastateurs : la torture psychologique d'un espoir frustré », auquel s'ajoutent des crises émotionnelles et un profond chagrin.

L'organisation affirme que 1 041 citoyens restent emprisonnés au Venezuela – 877 hommes et 164 femmes – tout en avertissant que ce nombre pourrait être encore plus élevé car de nombreux membres des familles ne signalent pas les arrestations et de nouveaux cas sont toujours signalés.

Après les élections de 2024, le parquet a signalé que plus de 2 400 personnes avaient été arrêtées, la majorité déjà libérées, pour des accusations de « terrorisme » et de « vandalisme ». Cependant, diverses organisations et partis d'opposition affirment que ces personnes sont innocentes et dénoncent la persistance d'un schéma de répression politique.

Les conséquences de cette politique s’étendent au-delà de la prison. Selon l'ONG, pour ceux qui ont passé des années en prison pour des motivations politiques, l'incertitude et l'oubli social ajoutent à la souffrance et entravent toute possibilité de véritable réparation.