Le Collège national des journalistes (CNP) du Venezuela a demandé lundi la libération du journaliste Rory Branker, détenu à Caracas il y a 243 jours et que l'organisation considère comme innocent.
Dans une publication, le CNP a indiqué que Branker, journaliste du média numérique vénézuélien La Patilla« il reste privé de liberté sans inculpation formelle, sans accès à son dossier et en violation d'une procédure régulière ».
En septembre dernier, le Syndicat national des travailleurs de la presse (SNTP) du Venezuela rapportait que la famille du journaliste avait enfin pu le voir dans une cellule de la police, après 206 jours de disparition.
À travers
Branker a été arrêté le 20 février par des responsables du Service national bolivarien de renseignement (Sebin), comme l'avait rapporté le SNTP à l'époque.
L'Association interaméricaine de la presse (IAPA) a indiqué, dans un rapport approuvé après avoir tenu son Assemblée générale à Punta Cana, en République Dominicaine, que 18 journalistes et professionnels des médias sont détenus dans ce pays sud-américain, « dans le cadre – a-t-elle souligné – de la grave répression à laquelle le régime de Nicolas Maduro a soumis la presse indépendante pendant son administration ».

« La CIDH a accordé des mesures conservatoires au profit du journaliste du portail La Patilla Rory Branker, qui a été arrêté par les responsables du Sebin (Service national bolivarien de renseignement) le 20 février 2025 alors qu'il quittait sa résidence. Depuis, son lieu de confinement est inconnu», détaillait alors l'organisation au média.
La CIDH a expliqué que le communicateur « se trouve dans une situation grave et urgente, car ses droits à la vie et à l'intégrité personnelle risquent de subir un préjudice irréparable au Venezuela ».
« Des membres de la famille et des amis proches auraient mené de multiples actions de recherche et recours à des recours juridiques internes dans le but de le retrouver et de protéger sa vie et son intégrité personnelle, mais les autorités auraient refusé de fournir même des informations minimes sur le bénéficiaire. De son côté, l'État n'a pas fourni d'informations à la CIDH », a rapporté la Commission interaméricaine des droits de l'homme.
Et il a poursuivi : « Après avoir analysé les allégations factuelles et juridiques, la Commission a considéré que, dans la mesure où l'on ignore où se trouve le bénéficiaire et avec le temps, la possibilité de violations de ses droits augmente. »
« En plus de ce qui précède, il a été constaté que, malgré les recherches et les recours juridiques entrepris par les membres de la famille et les amis, les autorités internes n'ont pas fourni de réponse concernant leur localisation ni offert d'informations sur leur état depuis le moment de l'arrestation. Dans ce cadre, la Commission ne disposait pas d'informations de l'État qui lui permettraient d'apprécier les actions qui seraient prises pour faire face ou atténuer la situation de risque du bénéficiaire », a-t-il noté.