Le gang criminel péruvien Los Navarro a infiltré l'Équateur grâce à de fausses identités et à des alliances locales

La présence d'organisations criminelles étrangères en Équateur est devenue une fois de plus évidente après la détection du gang péruvien connu sous le nom de Los Navarro, dont l'activité sur le territoire équatorien a été confirmée après un travail de renseignement qui a duré au moins six mois. L'enquête a abouti à la capture à Santo Domingo de los Tsáchilas d'un citoyen péruvien identifié comme Julio César Navarro, alias « Diablo », identifié comme le principal lien de cette structure transnationale avec les groupes criminels locaux.

L'arrestation est le résultat d'une opération coordonnée entre la Police nationale de l'Équateur, le Centre national de renseignement et le Département de recherche et de capture des fugitifs de l'Office central national (OCN) d'Interpol à Lima. Selon les autorités, le détenu avait un statut d'immigration irrégulier et utilisait de multiples fausses identités pour échapper aux contrôles de l'État, ce qui lui aurait permis d'opérer clandestinement dans différentes provinces du pays.

Selon les enquêtes préliminaires, le pseudonyme « Diablo » a joué un rôle stratégique au sein de la structure de Los Navarro, agissant comme lien entre l'organisation péruvienne et les cellules criminelles équatoriennes dédiées au trafic de drogue, d'armes et d'explosifs, ainsi qu'aux activités d'extorsion. Lors de son arrestation, les agents ont trouvé en sa possession au moins six faux documents d'identité et un téléphone portable, éléments qui font désormais partie des éléments de preuve dans la procédure pénale en cours.

IMAGE DE RÉFÉRENCE. On a découvert le

L'un des aspects qui inquiète le plus les autorités est la manière dont le détenu aurait réussi à consolider sa présence en Équateur. Selon les informations officielles, alias « Diablo » a obtenu une fausse identité à partir des dossiers d'un citoyen décédé, ayant des antécédents de trafic de drogue, une procédure qui aurait été effectuée à l'état civil du canton de Lago Agrio. Ce mécanisme lui a permis de cacher sa véritable identité et de faciliter sa mobilité à l'intérieur du pays sans déclencher d'alerte immédiate.

Les autorités équatoriennes ont indiqué que le détenu resterait en détention en Équateur jusqu'à ce que son processus d'extradition soit finalisé, conformément aux protocoles internationaux en vigueur. L'affaire est en phase d'enquête et il n'est pas exclu que, sur la base de l'analyse des informations contenues dans les appareils saisis, d'autres éventuels collaborateurs ou réseaux de soutien logistique sur le territoire équatorien soient identifiés.

La détection de Los Navarro s'ajoute à d'autres cas récents qui montrent l'internationalisation croissante du crime organisé en Équateur. Jusqu'à présent, en 2025, il s'agit de la deuxième organisation criminelle d'origine péruvienne identifiée en activité dans le pays. Début novembre, les forces de sécurité ont détruit un campement illégal à Zamora Chinchipe attribué au gang Los Trujillanos, lié à l'exploitation minière illégale, et arrêté 18 de ses membres en septembre dernier.

PHOTO DE DOSSIER : La police

Ces constats renforcent l'inquiétude des autorités quant à l'utilisation du territoire équatorien comme espace de transit, de refuge et d'articulation pour les organisations criminelles transnationales, dans un contexte régional marqué par le renforcement des économies illégales et la pression des réseaux dédiés au trafic de drogue et à d'autres activités illicites. La situation géographique du pays, combinée aux faiblesses institutionnelles et à la capacité des gangs à falsifier les documents officiels, a été soulignée à plusieurs reprises comme un facteur de risque.

Le gouvernement a insisté sur le fait que la coopération internationale, notamment avec les pays voisins et les organisations telles qu'Interpol, est essentielle pour faire face à ce phénomène. Le cas de Los Navarro est présenté par les autorités comme un exemple de coordination efficace entre l'Équateur et le Pérou, même s'il révèle également les limites du contrôle de l'État sur les organisations qui opèrent de manière flexible et transfrontalière.

Tandis que la procédure judiciaire contre le pseudonyme « Diablo » progresse, les forces de sécurité maintiennent ouvertes plusieurs pistes d'enquête pour déterminer l'ampleur réelle de l'infiltration de ce gang en Équateur et son éventuel lien avec d'autres structures criminelles opérant dans le pays. Cette affaire met une fois de plus sur la table le défi auquel est confronté l’État équatorien pour contenir l’expansion du crime organisé au-delà de ses frontières nationales.