Le régime cubain a approuvé jeudi un ensemble de mesures réglementaires qui permettent l'ouverture de comptes bancaires en devises sans autorisation préalable et étendent les opérations en devises aux entreprises privées. Les mesures, publiées le 10 septembre au Journal officiel, établissent les règles de ces opérations, qui permettent de recevoir et de déposer des espèces en devises étrangères, d'effectuer des paiements directs à l'étranger et de fonctionner avec les revenus des exportations et du commerce électronique. Les deux dispositions sont entrées en vigueur dès leur publication officielle.
Les résolutions 102/2026 de la Banque centrale de Cuba (BCC) et 103/2026 du ministère de l'Économie et du Plan ont établi les règles de ces opérations.
La réglementation prévoit que les personnes physiques et morales peuvent ouvrir des comptes en devises auprès d'entités bancaires sans l'accord préalable de la BCC. Parallèlement, elle attribue la responsabilité de chacune des opérations enregistrées aux titulaires de ces comptes.
Le nouveau cadre intègre des changements dans la gestion financière du secteur privé, dans un scénario dans lequel le régime cubain promeut des réformes pour décentraliser certaines activités économiques et admettre une plus grande utilisation des devises étrangères à l'intérieur du pays.

L'un des points des résolutions touche les entreprises privées. Ces entités peuvent accepter des paiements en espèces en devises étrangères lorsque le client en décide ainsi et déposer ces fonds sur leurs comptes fiscaux. Ils auront également l'autorisation d'effectuer des paiements à l'étranger pour l'importation de biens et de services, ainsi que pour les opérations liées au financement. La mesure permet aux acteurs privés de gérer leurs achats internationaux depuis leurs comptes en devises.
Les entreprises pourront recevoir des fonds provenant d'exportations, d'opérations de commerce électronique et de transferts envoyés depuis d'autres pays. Le texte publié au Journal Officiel autorise également les dépôts en espèces dans les devises acceptées par la BCC.
Le périmètre d'activité comprend les revenus des ventes de biens et services aux utilisateurs et concessionnaires de la Zone Spéciale de Développement de Mariel, ainsi qu'aux entités autorisées à développer le commerce de détail et de gros en devises.
Le règlement autorise également les « paiements sur place ». Selon cette modalité, les entreprises pourront acquérir des biens ou des services en monnaie cubaine ou en pesos sur le territoire national.

Les comptes en devises peuvent également être utilisés pour des transferts vers d’autres sociétés privées et personnes physiques disposant de comptes en devises. Parmi les opérations prévues figure la vente de devises sur le marché des changes.
Les titulaires peuvent affecter ces ressources à des paiements en dehors de Cuba ou retirer de l'argent pour les dépenses liées aux voyages à l'étranger. La résolution précise que les retraits dépendront de la disponibilité des liquidités et de la politique commerciale de chaque banque.
Les banques doivent appliquer des procédures de diligence raisonnable tant dans l’administration des comptes que dans les paiements internationaux. Cette obligation est conforme à la réglementation en vigueur contre le blanchiment d'argent, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive.
La publication des provisions s'inscrit dans le cadre de la dollarisation partielle des transactions internes et inter-entreprises. Le projet vise à réglementer l'utilisation des devises étrangères dans les opérations commerciales, financières et de services déjà présentes dans différents secteurs de l'économie cubaine.
En juin, Cuba a approuvé un ensemble de 176 réformes économiques visant à libéraliser et décentraliser les activités. Parmi les décisions déjà adoptées figure la possibilité de créer des entreprises privées de plus de 100 travailleurs.
Le paquet comprenait également l'autorisation d'ouvrir des comptes bancaires à l'étranger sans l'approbation préalable de la Banque centrale et l'autorisation pour le secteur privé de créer des agences de tourisme.