plus de cas d’abus dans SOS Villages d’Enfants

Les tribunaux panaméens ont jusqu’à présent admis sept des 35 poursuites civiles déposées il y a trois mois pour des allégations de mauvais traitements et de maltraitance d’enfants et d’adolescents dans les villages d’enfants SOS au Panama, qui se sont produites dans les années 1980 et 1990 en toute connaissance de cause, selon les avocats de la demandeurs, des plus hautes autorités de l’organisation.

L’action en justice est dirigée contre SOS CVI / SOS Villages d’Enfants International, basé en Autriche, puisque les personnes concernées et leurs avocats de la défense reprochent au chef de l’organisation de n’avoir rien fait lorsque les plaintes pour abus ont été reçues dans un modèle de prise en charge familiale opérant dans le monde entier, s’occupant d’enfants qui ont perdu leurs parents ou qui risquent de les perdre.

Après avoir engagé la procédure civile devant les tribunaux de circuit civil du premier circuit judiciaire du Panama, les avocats ont assuré lors d’une conférence de presse qu’ils avaient reçu au moins 27 nouvelles accusations d’affaires datant de plus de 30 ans.

« Les personnes concernées rendent SOS CVI / SOS Villages d’Enfants International civilement responsable, soit par action, soit par omission », a expliqué Rogelio Samudio, avocat des victimes, aujourd’hui majeures, qui demandent une compensation financière pour ce qui s’est passé.

“Para nosotros, volver hablar de este tema ha sido muy difícil, y digo volver porque nosotros hablamos siendo niños, denunciamos buscando protección y fuimos escuchados, pero nadie hizo nada para defendernos y siguieron ocurriendo los abusos”, dijo una de las mujeres que interpuso demande. L’organisation a demandé de ne pas révéler leur identité par mesure de protection.

Les poursuites intentées ont été réparties dans les 18 tribunaux civils de circuit et, à l’exception des sept affaires déjà admises pour traitement, la plupart sont au stade de la qualification de leur admission. Elles peuvent faire l’objet d’une correction voire d’un rejet. « Il est important de préciser que certains ont déjà été admis, d’autres ont été ordonnés corrigés », a expliqué l’avocat.

Domingo E. Barrios III, président du conseil d’administration de l’Association des villages d’enfants SOS de Panama, a précisé que l’organisation locale soutient les plaignants.

Barrios a assuré que la connaissance des abus a atteint le plus haut niveau, y compris le président mondial de l’organisation entre 1982 et 1992, qui s’est rendu au Panama à plusieurs reprises.

« Tout était à l’intérieur des portes de Panama Aldeas et couvert à l’échelle internationale », a-t-il déclaré. Barrios a expliqué que, selon les témoignages recueillis dans les procès, il y avait des victimes aussi jeunes que deux ans.

Il a mentionné le viol, l’exploitation par le travail, les violations émotionnelles de leurs droits, la violence psychologique, et même les avortements et la prostitution forcée.

« Aujourd’hui, on appelle ça des cas de manque de protection, j’appelle les choses par leur nom », a-t-il souligné.

L’avocat des plaignants a déclaré à la presse que l’organisation défenderesse avait fait une déclaration dans une note envoyée le 18 octobre de cette année et mentionnait « d’éventuels échecs historiques ». L’organisation internationale, a assuré Samudio, est disposée à offrir un programme d’aide et de thérapie psychologique aux 35 victimes qui ont porté plainte.

En revanche, il reproche à l’organisation de ne parler que de soutien psychologique et non d’une réparation qui sert aux victimes à compenser « tout ce passé qui a affecté sa vie productive ».

L’affaire de la maltraitance présumée d’enfants et d’adolescents au Panama est devenue publiquement pertinente en 2021 lorsqu’une femme panaméenne en Autriche a dénoncé ce qu’elle avait subi pendant son enfance.