Trois navires naviguent vers les États-Unis avec du pétrole vénézuélien

Trois navires chargés de pétrole brut vénézuélien se dirigent vers les ports américains dans le cadre de contrats Chevron, dans un contexte de restrictions à l'exportation qui provoquent une accumulation accélérée de pétrole au Venezuela et réveillent les alertes sur les limites physiques de son système de stockage.

Chevron est la seule société américaine qui exerce des activités au Venezuela et utilise ces navires dans le cadre d'un programme d'expédition régulier autorisé. Ces mouvements surviennent alors que Washington maintient un blocus sur les exportations vénézuéliennes, ce qui a réduit la production de pétrole brut et exerce une pression sur l'infrastructure logistique du pays sud-américain.

L'un des navires en route, l'Ionic Anassa, a été enregistré en train de passer au large de Cuba à destination du port de Pascagoula, dans le Mississippi, après avoir chargé à Bajo Grande le 4 janvier, selon les données de Bloomberg et le trafic maritime. Le Photon Ship a été détecté au nord de Caracas en direction de Port Freeport, au Texas, après son arrivée le 5 janvier au terminal de José, dans l'est du Venezuela.

Le pétrolier Xanthos Eos

Un troisième navire, le Mediterranean Voyager, a suivi une trajectoire similaire et aurait également chargé à José, selon les dernières données de déplacement. Pendant ce temps, les pétroliers Minerva Gloria et Searuby restaient ancrés à Bajo Grande ; le premier semblait chargé et le second vide, selon les enregistrements de suivi.

Même si certaines expéditions parviennent à partir, les stocks de pétrole brut continuent de croître. Les analystes de Kpler ont prévenu que le blocus des exportations générait un goulot d'étranglement important. Selon leurs données, les stocks ont commencé à augmenter plus rapidement après la saisie par les États-Unis du pétrolier Skipper le 10 décembre.

PHOTO DE FICHIER : Une plate-forme

Le phénomène s’étend également au large. Le stockage flottant au large des côtes vénézuéliennes se développe rapidement, signe que le pétrole brut ne trouve pas de débouchés. En début de semaine, au moins 16,7 millions de barils étaient stockés à bord d'une quinzaine de grands pétroliers servant d'entrepôts temporaires, selon les chiffres de Kpler.

En parallèle, le régime vénézuélien tente de présenter ces livraisons comme faisant partie d’une relation commerciale régulière avec Washington. Le président de l'Assemblée nationale, Jorge Rodríguez, a affirmé que la vente de pétrole aux États-Unis est une « transaction commerciale entre deux gouvernements légitimes et indépendants » et a souligné qu'il ne s'agissait pas d'un fait nouveau, selon des déclarations diffusées à la télévision nationale.

La société publique PDVSA a confirmé qu'elle poursuivait les négociations avec les États-Unis pour la vente de volumes de pétrole brut dans le cadre de programmes similaires à ceux en vigueur avec des sociétés internationales telles que Chevron. Cependant, la combinaison d’exportations limitées, de stocks croissants et de pressions politiques place l’industrie pétrolière vénézuélienne dans un scénario opérationnel de plus en plus tendu, dans lequel la capacité de stockage devient un facteur critique.