Le député bolivien Carlos Alarcón, de l'alliance Unidad, a annoncé lundi la présentation d'un projet de loi appelé « anti-blocus », par lequel il propose de qualifier cette forme de protestation de délit. Comme l'explique le législateur, l'initiative prévoit des sanctions pouvant aller jusqu'à 20 ans de privation de liberté, selon la gravité des faits.
Alarcón a souligné que le délit de blocage aura un caractère « cumulatif » par rapport à d'autres délits qui pourraient être commis simultanément lors de ce type de mesures de pression et par ceux qui les exécutent.
« La première chose que je fais dans ce projet de loi est d'établir que le blocus est un délit et non un droit. Je propose différents degrés de peine de prison en fonction de celui qui a promu, organisé ou incité aux blocus, ainsi que de ceux qui exercent une violence criminelle qui s'ajoute au délit de blocus comme un autre délit. Dans le cas le plus grave, la peine sera de 10 à 20 ans de prison, cumulables avec d'autres délits commis concurremment dans le scénario des blocus par les bloqueurs », a prévenu le parlementaire.

De même, il a indiqué que les règlements proposés envisagent des garanties pour les forces de l'ordre, tant de la Police que des Forces Armées (FFAA), dans le but d'éviter qu'elles soient utilisées lors de manifestations dans des conditions inadéquates.
« Des garanties sont clairement établies pour les policiers et les militaires, afin qu'ils ne soient plus jamais utilisés comme chair à canon lorsqu'ils sont envoyés sans surveillance, sans le minimum d'équipements ou d'armes nécessaires pour faire face à la violence des blocus », a-t-il ajouté.
L'initiative établit également qu'il n'y aura aucune distinction entre les différents types de blocus, puisque tous seront considérés comme des crimes, quelles que soient leur origine ou leurs motivations. « Cette loi établit également qu'il n'y a pas de bons ou de mauvais blocus : tous les blocus sont des crimes, peu importe d'où ils viennent, quel que soit celui qui les organise, ou quelles qu'en soient les raisons et les motivations », a-t-il noté.
Les barrages routiers sont l’une des manifestations les plus fréquentes de protestation sociale en Bolivie. Selon les données de la Fondation UNIR Bolivie, qui surveille et analyse les conflits sociaux dans le pays, en 2023, il y a eu 187 barrages routiers dans tout le pays. Par ailleurs, l'estimation de l'Institut bolivien du commerce extérieur (IBCE) pour la même année indique qu'il y a eu entre 180 et 211 jours de blocages routiers dans le pays.
Ces actions consistent en l'interruption de la circulation dans les rues ou les autoroutes grâce à l'utilisation d'obstacles tels que des pierres, des bûches ou du feu, affectant la transitabilité au sein des villes et même les connexions entre différentes régions du pays.
L'impact de ces mesures de pression a été significatif tant sur le plan économique que sur la vie quotidienne de la population. Les interruptions prolongées des transports ont généré des pénuries de produits de base et de carburant, des changements de prix et des pertes économiques estimées à des centaines de millions de dollars, tandis que les secteurs productifs et les commerçants ont signalé des difficultés opérationnelles.
Outre les conséquences économiques, les blocages ont été le théâtre d'affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ou habitants concernés, avec des rapports faisant état de blessés et de morts lors d'épisodes de violence spécifiques.