Le pétrolier Sea Horse, identifié au pavillon de Hong Kong, a fait un détour inattendu à l'approche des côtes du Venezuela, alors qu'il se dirigeait initialement vers Cuba avec une cargaison de diesel russe.
Ce navire, qui transporte près de 190 000 barils de carburant, avait déclaré des semaines auparavant que La Havane était sa destination initiale.
Le Sea Horse a modifié son itinéraire et s'est dirigé vers les eaux vénézuéliennes dans le contexte de l'actualisation des sanctions du Département du Trésor des États-Unis, qui a réaffirmé l'exclusion de Cuba comme destination du carburant russe.
Le navire a fait route vers le sud à travers les Caraïbes orientales, s'éloignant de l'île et s'approchant de Puerto Cabello, où son arrivée est attendue mercredi, selon les relevés de la société d'analyse Kpler et des pages spécialisées dans le suivi maritime.

Le pétrolier a été chargé de diesel provenant d’un autre navire au large de Chypre en février. Au cours de son voyage, il déclare changer de destination : d'abord La Havane, puis Gibraltar pour recevoir de nouvelles commandes, puis la mer des Caraïbes et enfin Gibraltar à nouveau.
Ces variations ont coïncidé avec l'application des contrôles américains sur les expéditions vers Cuba, dans un contexte de pression internationale soutenue sur l'approvisionnement énergétique de l'île.
Vendredi, avant le changement de route du Sea Horse, la Russie a exprimé sa volonté d'aider Cuba, même si elle a évité de préciser si des expéditions de carburant étaient déjà en cours.
Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a indiqué que Moscou maintenait un contact permanent avec le régime cubain et évaluait les options d'aide face à la crise énergétique.

De son côté, il y a quelques jours, le navire Anatoly Kolodkin, identifié comme un pétrolier russe sanctionné, avait traversé l'Atlantique avec 730 000 barils de pétrole brut à destination des Caraïbes. Initialement, elle avait indiqué le port cubain de Matanzas comme destination, bien qu'elle ait ensuite modifié son rapport en « Atlantique, par ordre », selon les mêmes sources de surveillance maritime.
La crise énergétique cubaine s'est aggravée ces derniers mois en raison des difficultés d'importation de carburant, des effets accumulés d'années de sanctions, des politiques internes et de la détérioration du parc thermoélectrique national. Parmi les conséquences, l’île est confrontée à de fréquentes coupures de courant, avec des pannes d’électricité à grande échelle et des restaurations partielles.

Ces derniers jours, le représentant de Cuba auprès des Nations Unies, Ernesto Soberón Guzmán, a exprimé son optimisme quant à l'arrivée possible d'une aide énergétique, tout en reconnaissant l'incertitude quant à l'issue, selon des déclarations recueillies par Bloomberg.

Le voyage du Sea Horse et de l'Anatoly Kolodkin a été interprété comme un test de la détermination de l'administration américaine, qui vise à empêcher l'île de recevoir le soutien énergétique de ses alliés traditionnels.
La pression internationale sur Cuba s'est accrue depuis janvier, lorsque les États-Unis ont interrompu leurs approvisionnements en pétrole brut vénézuélien après l'arrestation de Maduro à Caracas.