Le massacre enregistré la veille du Nouvel An à Manta a fait parmi ses victimes les plus visibles une femme enceinte qui est décédée quelques heures après l'attaque armée, même si les médecins ont réussi à sauver le bébé qu'elle portait grâce à une césarienne d'urgence.
La mort de la femme porte à sept le nombre de victimes de l'attaque survenue dans la nuit du 31 décembre 2025 dans le quartier Nueva Esperanza, paroisse d'Eloy Alfaro, l'une des zones avec la plus forte incidence de violence criminelle de la ville, selon les rapports officiels et médicaux cités par L'Univers.
La femme a été identifiée comme étant Yajaira Alonzo, qui a été grièvement blessée lors de l'attaque survenue vers 22h45, alors qu'un groupe de personnes étaient rassemblés devant une maison pour célébrer l'arrivée de la nouvelle année.

Selon les premières investigations, plusieurs individus armés sont arrivés sur les lieux et ont tiré sans discernement sur les participants, sans que l'identité des responsables n'ait été confirmée ni qu'aucune arrestation liée à cette affaire n'ait été signalée.
Dans un premier temps, les autorités avaient fait état de six morts sur le lieu de l'attaque. Cependant, quelques heures plus tard, le décès de la femme enceinte a été confirmé, qui avait été transféré dans un centre de santé dans un état critique. Malgré les efforts médicaux pour la stabiliser, la victime est décédée aux premières heures du 1er janvier.
Avant son décès, des professionnels de la santé ont pratiqué une césarienne d'urgence pour sauver le bébé qui, selon les données préliminaires publiées par le personnel médical, reste stable sous observation spécialisée.

L'attaque s'est produite dans le contexte d'une fête de famille, qui a une fois de plus démontré l'impact de la violence armée dans les espaces communautaires et résidentiels. Sur les lieux du crime, la police nationale a collecté plus de 50 preuves balistiques de différents calibres, ce qui reflète la puissance de feu élevée utilisée par les assaillants. Par ailleurs, un tract a été retrouvé dont le contenu s'inscrit dans le cadre des pistes d'enquête ouvertes par les autorités.
Parmi les sept victimes figurait également un adolescent de 15 ans. En outre, au moins dix personnes ont été blessées, dont plusieurs mineurs, dont des enfants âgés de 9 et 6 ans, ainsi qu'un adolescent, qui ont été transférés vers différents centres de santé de Manta avec un pronostic réservé. La présence d'enfants et de femmes parmi les victimes a suscité une inquiétude supplémentaire quant à l'exposition croissante de la population civile à des actes de violence extrême.
La police a indiqué à Premiers fruits ces informations sont toujours en cours de collecte pour clarifier le motif de l'attaque. L'une des hypothèses préliminaires évoque une possible trahison au sein de la structure criminelle de Los Lobos, une organisation qui entretient des conflits territoriaux à Manabí et dans d'autres provinces de la côte. Cependant, les autorités ont indiqué que cette piste d'enquête n'est pas concluante et que toutes les preuves recueillies sur les lieux sont en cours d'analyse.

Le massacre de Manta s'est produit dans un scénario d'escalade soutenue de la violence dans la province. Manabí a clôturé l'année 2025 avec au moins 25 massacres, soit le triple des chiffres enregistrés en 2024. Seul le district de Manta, qui comprend également Jaramijó et Montecristi, a enregistré 519 morts violentes au cours de l'année, contre 331 signalées l'année précédente, selon les chiffres recueillis par Premiers fruits.
Cette attaque s'est produite quelques jours seulement après un autre massacre enregistré à Puerto López, également à Manabí, qui a fait six morts, dont une fillette de deux ans. La répétition de ces événements, même sous un régime d'état d'urgence, a mis en évidence les limites des mesures de sécurité adoptées pour contenir la violence criminelle dans la province.