Delcy Rodríguez a effectué son premier voyage officiel à Grenade pour renforcer la coopération bilatérale

Delcy Rodríguez, présidente en charge du Venezuela, est arrivée ce jeudi sur l'île de Grenade pour son premier voyage à l'étranger depuis son entrée en fonction, après la capture de Nicolás Maduro par les forces américaines le 3 janvier. Le Premier ministre grenadien, Dickon Mitchell, l'a reçue à l'aéroport international Maurice Bishop, à Saint George, capitale du pays insulaire, situé à environ 145 kilomètres de la côte vénézuélienne. La présidence a qualifié la visite de « moment important d'engagement et de dialogue entre Grenade et la République bolivarienne du Venezuela ».

L'ordre du jour comprenait une visite de courtoisie à la gouverneure générale, Cécile La Grenade, et une réunion de travail élargie au siège du Parlement de Grenade, où elle a été reçue par les présidents du Sénat, Dessima Williams, et de la Chambre des représentants, Leo Cato. Le chancelier grenadien Joseph Andall, le ministre de l'Agriculture, Lennox Andrews, et le ministre de la Santé, Phillip Telesford, étaient également présents. Pour le Venezuela, elle était accompagnée du ministre des Affaires étrangères Yván Gil, de la ministre des Hydrocarbures, Paula Henao, et du vice-ministre des Caraïbes, Raúl LiCausi.

L'axe central des négociations a été la mise à jour de la feuille de route bilatérale signée en 2025 entre Maduro et Mitchell. Rodríguez a indiqué que les accords révisés couvrent l'éducation, l'énergie, la science, les hydrocarbures et le commerce, sans toutefois fournir de détails précis. Mitchell a précisé que les dialogues « se sont concentrés exclusivement sur le renforcement de la coopération bilatérale » et ont porté sur l'agriculture, le tourisme, les transports et la logistique.

Photographie fournie par la Présidence du Venezuela qui montre la présidente en charge du Venezuela, Delcy Rodríguez, en réunion avec la gouverneure générale de Grenade, Cécile La Grenade (pas sur la photo), ce jeudi, à San Juan (Grenade) EFE/ Daniela Millán/ Présidence du Venezuela

Dans le contexte énergétique de la visite apparaît Petrocaribe, le programme vénézuélien d’approvisionnement en brut à un prix préférentiel fondé en 2005 et paralysé en 2019, lorsque Trump a imposé des sanctions contre Caracas. En avril 2025, Maduro et Mitchell avaient opté pour une « nouvelle phase » du projet lors d’une visite du Premier ministre au Venezuela. L'arrivée de Rodríguez à Saint George suggère que cette volonté demeure, même si aucune des deux parties n'a annoncé de mesures concrètes.

La visite coïncide avec un moment de normalisation accélérée entre Caracas et Washington. Le 1er avril, le Département du Trésor des États-Unis a retiré Rodríguez de la liste des ressortissants spécialement désignés de l'Office de contrôle des avoirs étrangers (OFAC), où il figurait depuis 2018. Cette mesure permet aux entreprises et aux citoyens américains d'opérer avec lui et intervient quelques jours après la réouverture de l'ambassade américaine à Caracas, fermée depuis 2019.

Grenade, à son tour, évolue selon son propre équilibre. Avant la capture de Maduro, Washington avait demandé à Saint-Georges d'installer un radar militaire à l'aéroport Maurice Bishop, une demande rejetée par les autorités après des manifestations citoyennes connues sous le nom de « Marche pour la paix ». L'île a été envahie en 1983 par les forces des États-Unis et des Caraïbes, qui ont renversé le gouvernement militaire d'Hudson Austin et son alliance avec Cuba et l'Union soviétique, un épisode qui continue d'influencer la culture politique de Grenade.

Rodríguez arrive à Saint-Georges avec une position plus consolidée qu'il y a quelques semaines : la levée de ses sanctions personnelles et la normalisation progressive avec Washington lui donnent une marge diplomatique que Maduro n'avait pas dans ses dernières années.