Ils analysent les réformes pour rendre plus agile l'adoption de mineurs au Panama

L'Assemblée nationale a entamé la discussion du projet de loi 570, une initiative qui vise à modifier la loi 46 de 2013 pour accélérer les processus d'adoption au Panama, sur fond de questions sur la lenteur du système et le temps pendant lequel les enfants et les adolescents restent dans des refuges sans accès à une famille permanente.

La proposition a été analysée dans une table technique dirigée par la Commission pour la Femme, l'Enfant, la Jeunesse et la Famille. Des représentants du Ministère du Développement Social (MIDES), du Secrétariat National à l'Enfance, à l'Adolescence et à la Famille (SENIAF), du Pouvoir Judiciaire, du Ministère Public et du Bureau du Défenseur du peuple ont participé à la journée, qui ont examiné les changements proposés pour renforcer le cadre juridique et garantir l'intérêt supérieur du mineur.

Le débat s'est concentré sur la manière de rendre les procédures plus efficaces et plus transparentes sans affaiblir les contrôles.

Le document législatif lui-même reconnaît l'un des principaux échecs du système : les processus d'adoption au Panama sont « longs et fastidieux » en raison de la bureaucratie et des goulots d'étranglement administratifs, qui retardent l'intégration des mineurs dans un environnement familial.

Cette situation a été pointée à plusieurs reprises par les autorités et les spécialistes comme l'un des facteurs qui découragent les adoptants potentiels.

Les chiffres reflètent l’ampleur du problème. Selon les données officielles citées dans l'exposé des motifs, en 2025, il y avait 52 enfants et adolescents en état d'adoptabilité, dont 31 présentaient un handicap.

Les adoptions spéciales visent à rapprocher les enfants présentant des caractéristiques particulières des familles inscrites sur une liste d’attente, favorisant ainsi l’inclusion et l’amour inconditionnel.

Ce dernier groupe rencontre de plus grandes difficultés à être adopté, ce qui prolonge leur séjour dans des refuges ou dans des modalités de prise en charge alternative.

Bien que le nombre de mineurs déclarés adoptables soit relativement faible, le système est confronté à un autre défi : le nombre d'enfants qui restent dans des refuges en attente de procédures administratives ou judiciaires est nettement plus élevé.

Divers rapports institutionnels indiquent que des centaines de mineurs vivent sous la protection de l'État, beaucoup d'entre eux sans avoir été formellement déclarés adoptables, ce qui retarde encore davantage leur possibilité d'intégration familiale.

Ces dernières années, les adoptions au Panama ont maintenu un rythme limité. Les statistiques publiques montrent que le pays enregistre des dizaines d'adoptions chaque année, un chiffre faible par rapport au nombre de mineurs bénéficiant du système de protection.

Cet écart montre que le problème ne réside pas uniquement dans la disponibilité d’enfants adoptables, mais dans la structure du processus et sa durée.

Malgré les efforts et les politiques, le processus d'adoption au Pérou est confronté à des défis qui affectent les enfants sans abri. (Andin)

Le projet de loi 570 propose des changements concrets pour remédier à ces limitations. Parmi eux, il établit l'obligation de signaler dans les 24 heures les cas de mineurs dans une éventuelle situation d'abandon ou sans accès à la famille, afin d'activer plus rapidement l'intervention de la SENIAF.

En outre, il vise à accélérer la déclaration d’adoptabilité, en réduisant les délais dans les étapes clés du processus.

Un autre aménagement propose que, dans le cas d'enfants de parents inconnus, le dossier administratif et la demande judiciaire soient traités dans un délai maximum de 60 jours, ce qui représente une tentative d'éviter des retards prolongés dans la définition du statut juridique du mineur.

Ces mesures visent à raccourcir les périodes critiques qui peuvent actuellement durer des années.

Le projet renforce également la priorité du regroupement familial lorsque cela est possible, ainsi que la recherche de membres de la famille biologique ou élargie avant de procéder à l'adoption.

Cette approche maintient un équilibre entre la protection des mineurs et le respect de leurs liens familiaux, s'alignant sur les normes internationales relatives aux enfants.

Cependant, les experts s’accordent à dire que la lenteur du système ne répond à aucun facteur. Parmi les principales causes figurent la fragmentation institutionnelle, le manque de coordination entre les entités, les procédures judiciaires étendues et la capacité opérationnelle limitée pour évaluer les adoptants.

La Commission de la femme, de l'enfant, de la jeunesse et de la famille analyse le projet de loi 570 à l'Assemblée nationale. Extrait de l'Assemblée nationale

À cela s’ajoute la préférence de nombreuses familles pour l’adoption de jeunes enfants, ce qui désavantage les adolescents ou les mineurs bénéficiant de conditions particulières.

Le résultat est un système dans lequel, malgré l’existence de règles claires, l’exécution se heurte à des obstacles structurels qui affectent directement les mineurs.

Dans ce contexte, la discussion du projet de loi vise non seulement à mettre à jour la législation, mais également à générer un cadre permettant des processus plus agiles et efficaces axés sur le bien-être de l'enfant.

L'initiative reste en phase d'analyse législative et doit passer par les débats correspondants à l'Assemblée nationale.

Son approbation dépendra de la réalisation d'un consensus entre les différents acteurs du système, sur une question où le principal défi reste de réduire les délais sans compromettre la sécurité juridique et la protection intégrale des mineurs.

La discussion de ce projet de loi intervient dans un contexte où l'attention du public se tourne une fois de plus vers la situation des refuges au Panama, après de nouvelles plaintes concernant des allégations de mauvais traitements, d'abus et de conditions inadéquates dans les centres sous tutelle de l'État, en particulier ceux liés au Secrétariat national à l'enfance, à l'adolescence et à la famille.

Ces alertes ne sont pas récentes : depuis 2021, des plaintes pour abus sexuels et maltraitances contre des mineurs dans des centres d'accueil ont été documentées, nombre d'entre elles répétées sans réponse structurelle définitive de l'État.