L'Assemblée nationale chaviste a proposé de retirer la nationalité à cinq opposants vénézuéliens

L'Assemblée nationale du Venezuela a proposé de retirer la nationalité de cinq opposants

L'Assemblée nationale du Venezuela, sous contrôle gouvernemental, a annoncé mardi son intention de demander au régime de Nicolas Maduro de retirer la nationalité de cinq personnalités de l'opposition, qu'elle accuse d'être impliquées dans le détournement présumé de Citgo, la filiale de Petróleos de Venezuela (Pdvsa) aux États-Unis.

Il s'agit de Juan Guaidó, Carlos Vecchio, Dinorah Figuera, Horacio Medina et de l'avocat José Ignacio Hernández, identifiés par le Parlement comme les « principaux meneurs » de ce qu'il appelle le « gigantesque vol de Citgo ».

Au cours d'une séance ordinaire, le président de l'Assemblée nationale, Jorge Rodríguez, a officialisé la pétition contre les cinq opposants.

Rodríguez a basé sa proposition sur le « devoir de protéger la souveraineté » et « les intérêts de la nation », concepts inclus dans l'article 130 de la Constitution vénézuélienne.

Dans son discours, il a déclaré : « Quiconque ne remplit pas ce devoir nie sa condition de Vénézuéliens ».

La décision fait partie d'un projet d'accord approuvé par le Parlement, qui rejette ce qu'il décrit comme « un processus de pillage des actions de Citgo », en référence à la récente décision judiciaire aux États-Unis qui a autorisé la vente de la filiale PDVSA.

Juan Guaidó (EFE/Lénine Nolly/Fichier)

L'article 130 de la Constitution du Venezuela établit le devoir des citoyens de protéger la souveraineté et les intérêts nationaux. Cependant, la même Magna Carta stipule que les Vénézuéliens « de naissance ne peuvent pas être privés de leur nationalité ».

Malgré cette restriction, le chavisme affirme que les accusés ont « nié leur statut de Vénézuéliens », ce qui, selon leur interprétation, « justifierait » la demande de retrait de leur nationalité.

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Citgo est une raffinerie d'origine américaine basée au Texas, acquise par le Venezuela dans les années 1990. Pendant des années, l'entreprise a représenté l'un des atouts les plus précieux du pays sud-américain, tant pour sa capacité de raffinage que pour son rôle stratégique sur le marché international de l'énergie.

La semaine dernière, un juge américain a approuvé l'achat de Citgo lors d'une vente aux enchères organisée par un tribunal, dans le but de régler les dettes avec les créanciers de l'État vénézuélien.

L'offre gagnante a été présentée par Amber Energy, filiale du fonds d'investissement américain Elliott Investment Management, pour un montant de 5,9 milliards $.

L'opération nécessite toutefois encore l'approbation de l'Office of Foreign Assets Control (OFAC) du département du Trésor américain. De plus, Citgo et ses sociétés mères ont déposé des recours contre le résultat de l'enchère et l'ordre de vente, introduisant ainsi une incertitude quant à l'issue de la transaction.

La raffinerie Citgo Corpus Christi

Depuis 2019, après la reconnaissance par les États-Unis, l’opposition vénézuélienne dirigée par Juan Guaidó a pris le contrôle de Citgo.

Durant cette période, le groupe d'opposition a cherché à empêcher les créanciers de Pdvsa d'agir contre la filiale, dans un contexte de conflits juridiques et politiques qui ont marqué la direction de l'entreprise.

La vente de Citgo reste suspendue, dans l'attente de la décision de l'OFAC et de la résolution des recours déposés par la société et ses sociétés mères.

Le processus judiciaire aux États-Unis et la proposition de l'Assemblée nationale du Venezuela restent ouverts, sans résolution définitive sur l'avenir de la filiale pétrolière ou sur la situation des opposants indiqués.