Le Panama a avancé dans son processus de rapprochement avec l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) avec la signature, à Paris, d'un protocole d'accord entre le ministre des Affaires étrangères Javier Martínez-Acha Vásquez et le secrétaire général de l'organisation, Mathias Cormann, une étape que le gouvernement présente dans le cadre de son parcours pour aligner les politiques publiques, renforcer les institutions et se rapprocher des normes internationales en matière de transparence, de gouvernance, d'intégrité financière et de développement durable.
L'accord crée un cadre formel de coopération technique entre le Panama et l'OCDE, qui ouvre un espace pour l'échange de données, l'évaluation comparative des politiques, les missions d'experts et les recommandations fondées sur des preuves.
Après la signature, Martínez-Acha a soutenu qu'il ne s'agissait pas d'un geste protocolaire, mais plutôt d'une décision stratégique et d'un engagement de transformation, affirmant que le Panama cherchait à rejoindre cet espace en tant que partenaire disposé à être mesuré, évalué et amélioré.
La signature intervient quelques semaines après que l'exécutif panaméen a lancé une commission permanente de haut niveau pour mener le processus d'adhésion.
Cet organisme a été créé par le décret exécutif n° 12 du 9 mars 2026 et était composé des ministères des Affaires étrangères, de la Présidence, de l'Économie et des Finances, du Commerce et de l'Industrie, du Développement social et de l'Éducation, en plus de l'Autorité nationale pour la transparence et l'accès à l'information (Antai). Votre tâche sera de planifier, conseiller et coordonner les actions officielles liées au rapprochement avec l'OCDE.

Le décret établit également que la commission devra émettre des lignes directrices et des critères généraux pour guider la participation de toutes les entités publiques à ce processus, tandis que le Secrétariat aux affaires économiques et à la compétitivité sera chargé de coordonner et de superviser son exécution.
En outre, le Secrétariat exécutif devra préparer des rapports périodiques d'avancement pour le président José Raúl Mulino, ce qui suggère que le gouvernement cherche à maintenir un suivi politique constant d'un programme qui, en cas de succès, nécessitera des réformes techniques, juridiques et institutionnelles.
En Amérique latine, l'OCDE compte actuellement quatre membres : le Mexique, le Chili, la Colombie et le Costa Rica, tandis que l'Argentine, le Brésil et le Pérou poursuivent leur processus d'adhésion. Pour le Panama, engager ce dialogue signifie examiner de près l’expérience de ces pays, qui ont dû procéder à des ajustements réglementaires, fiscaux et institutionnels avant de s’adresser à l’organisation.
Plus qu'un label international, l'OCDE fonctionne comme un système permanent d'évaluation et de comparaison, où l'adhésion exige des normes plus élevées dans différents domaines de la politique publique.

La relation entre le Panama et l'OCDE ne commence pas avec cette signature. Dans des publications récentes, l'organisation a souligné que le pays devait renforcer sa voie de développement avec une plus grande résilience, inclusion et capacité institutionnelle, tandis que les précédentes études sur le Panama mettaient déjà en garde contre les défis associés au soi-disant piège du revenu intermédiaire, à la consolidation de la classe moyenne et à la nécessité d'améliorer la coordination des politiques publiques.
Du côté du secteur privé, la présidente de l'Association panaméenne des dirigeants d'entreprises (Apede), Giulia De Sanctis, a indiqué qu'une éventuelle adhésion doit être discutée avec information, sérieux et perspectives différentes.
Selon lui, parler de l'OCDE, c'est parler de règles claires, d'institutions qui fonctionnent mieux et d'une plus grande confiance, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays, mais aussi de changements qui doivent être évalués de manière responsable. Cette position introduit une nuance importante : le soutien à la modernisation n’élimine pas la nécessité de débattre de ses coûts, de ses rythmes et de ses implications.
Le ministère des Affaires étrangères affirme que cette nouvelle étape améliorera le climat d'investissement, rendra le pays plus compétitif et prévisible, renforcera la gouvernance, promouvra l'innovation et augmentera le capital humain.

Avant de signer le mémorandum, Martínez-Acha a également rencontré Philippe Gautier, directeur général de MEDEF International, dans le but de projeter le Panama comme une destination responsable des investissements étrangers et d'attirer des projets à plus grande valeur ajoutée en matière d'infrastructures, de technologie et de durabilité.
La signature du mémorandum ne fait pas du Panama un membre de l’OCDE, mais elle le place sur une voie plus définie, avec une structure étatique créée pour l’accompagner, un programme technique en construction et un délai de cinq ans qui laisse présager des réformes plus approfondies.
Le véritable défi ne sera pas seulement de signer des accords ou de multiplier les réunions à Paris, mais aussi de démontrer que le pays peut traduire cet engagement en changements mesurables, durables et crédibles devant la communauté internationale et devant ses propres acteurs économiques.