Les syndicats remettent en question l'intervention du Bureau du Contrôleur dans l'enquête anti-corruption au Panama

Le rejet des actions des responsables du Contrôleur général de la République s'est intensifié au cours des dernières heures, après que des syndicats tels que l'Ordre national des avocats du Panama et la Fondation pour le développement de la liberté citoyenne ont remis en question l'intervention des auditeurs dans les procédures du ministère public, au milieu d'une enquête pour enrichissement injustifié présumé lié à un ancien vice-président de la République.

L'Ordre National des Avocats a qualifié les événements de grave violation du principe de séparation des pouvoirs, estimant que l'intervention de fonctionnaires du Bureau du Contrôleur dans une procédure pénale constitue une ingérence dans les fonctions exclusives du Ministère Public.

Le syndicat a averti que ce type d’actions compromet non seulement la légalité du processus, mais peut également affaiblir la confiance dans le système judiciaire.

Dans le même ordre d'idées, la Fondation pour le développement de la liberté citoyenne, section panaméenne de Transparency International, a soutenu que les actions des auditeurs représentent une obstruction à la justice et un signal inquiétant pour les institutions démocratiques.

L'organisation a souligné que l'interruption des procédures judiciaires et la limitation du travail des procureurs affectent directement la capacité de l'État à enquêter sur des affaires de corruption très médiatisées.

Les événements ont commencé au siège du Parquet Supérieur Anti-Corruption, où des fonctionnaires du Bureau du Contrôleur seraient entrés au milieu d'une procédure au cours de laquelle se déroulaient des entretiens avec des auditeurs de l'institution elle-même, liée à une enquête pour enrichissement injustifié. Selon ce qui a été rapporté, cette intervention aurait empêché la finalisation de l'acte d'enquête.

L'affaire concerne une enquête liée à l'ancien vice-président José Gabriel Carrizo. Capture vidéo.

Face à cette situation, le Bureau du Procureur général a confirmé l'ouverture d'une enquête pénale pour clarifier ce qui s'est passé. Dans sa déclaration, l'entité a indiqué que les actions des responsables du Bureau du Contrôleur ont interrompu une procédure clé dans une affaire en cours, ce qui a conduit à l'ouverture d'un processus visant à déterminer d'éventuelles responsabilités.

Le Parquet général a expliqué que les auditeurs impliqués étaient sollicités par l'autorité compétente dans le cadre d'une enquête relative à l'enrichissement injustifié présumé d'un ancien vice-président, identifié comme José Gabriel « Gaby » Carrizo.

Ces fonctionnaires auraient participé aux audits liés à l'affaire, ce qui en fait des éléments pertinents du processus.

Dans ce contexte, on a mentionné la présence du contrôleur général, Anel Flores, dans les installations du Ministère Public lors des événements. Toutefois, à ce jour, il n'existe aucune confirmation officielle de sa participation directe à la décision de révocation des fonctionnaires ou à l'interruption de la procédure, ce qui laisse planer une incertitude quant à l'étendue de son implication.

Le Bureau du Procureur général enquête sur l'interruption d'une procédure liée à une affaire de corruption. Tiré de Facebook

Les syndicats ont insisté sur le fait qu’au-delà de la participation individuelle des responsables, ce qui s’est passé reflète un problème institutionnel plus large. L'Ordre des avocats et la Fondation ont souligné que toute tentative d'ingérence dans les enquêtes criminelles porte atteinte à l'indépendance du système judiciaire et affaiblit les mécanismes de contrôle contre la corruption.

En outre, ils ont rappelé que les auditeurs, en leur qualité d'experts en matière judiciaire, ont le devoir de collaborer avec les autorités, de répondre aux exigences légales et de faciliter la clarification des faits, quelle que soit l'institution à laquelle ils appartiennent.

Toute action limitant cette collaboration peut être interprétée comme une violation de vos obligations légales.

Bien que l'entité ait des fonctions de contrôle et de surveillance sur l'utilisation des ressources publiques, son intervention dans les procédures judiciaires doit respecter le cadre juridique et la compétence exclusive du ministère public en matière de poursuites pénales.

Le Bureau du Procureur général, pour sa part, a réitéré son engagement à poursuivre les enquêtes de manière objective, indépendante et dans le respect d'une procédure régulière, tout en rejetant tout type de pression extérieure.

Anel Flores : Contrôleur de la République Anel Flores

L'entité a souligné que garantir l'intégrité des enquêtes est essentiel pour protéger l'intérêt public et la confiance des citoyens dans les institutions.

Au fur et à mesure que les enquêtes progressent, l’affaire apparaît comme un nouveau point de tension entre les institutions de l’État, à une époque où la lutte contre la corruption et la défense des institutions restent des questions centrales dans l’agenda public panaméen.

Ce nouvel épisode s'ajoute à une série de divergences antérieures entre le contrôleur général, Anel Flores, et le procureur général, Luis Carlos Manuel Gómez Rudy, qui, dans le passé, ont maintenu des positions contradictoires sur la portée et l'utilisation des audits effectués par le Bureau du contrôleur.

Les divergences ont porté sur la validité, l'opportunité et le traitement de ces rapports dans le cadre des procédures pénales, ce qui a révélé des tensions institutionnelles sur les limites de chaque entité dans la lutte contre la corruption.